7 films scandaleux (ou scandaleusement) censurés

Chroniques
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01.06.2017
Alors que le film Wonder Woman ne sortira pas en salles au Liban. Nous sommes penchés sur des films qui pour des raisons diverses subirent la censure dans leur pays d'origine ou ailleurs. Engagement politique, violences, sexes, autant de raisons différentes qui ont privé de projection ces différents films.

Alors que le film Wonder Woman ne sortira pas en salles au Liban. Nous sommes penchés sur des films qui pour des raisons diverses subirent la censure dans leur pays d'origine ou ailleurs. Engagement politique, violences, sexes, autant de raisons différentes qui ont privé de projection ces différents films.


Orange mécanique (1971) de Stanley Kubrick

orange mécanique

Après la sortie du film, plusieurs délinquants britanniques ayant perpétré des actes de violence gratuite ont déclaré avoir pris exemple sur le film.

Suite aux menaces et pour protéger sa famille, Stanley Kubrick demande à Warner Bros de retirer le film des salles de cinéma britanniques malgré son succès. Fait unique, la société de production obtempère et le film est retiré après tout de même 61 semaines de projection en salles. La censure durera pendant 27 ans et ne se terminera qu'après la mort de Stanley Kubrick le 7 mars 1999, avec une sortie en VHS et DVD. Ce n'est qu'en 2000, que le film est à nouveau projeté au Royaume-Uni.


Cannibal Holocaust (1980) de Ruggero Deodato

Cannibal Holocaust

Très controversé dès sa sortie, le film est saisi par un magistrat italien après sa première en Italie tandis que Deodato est arrêté pour délit d'obscénité. Il est également accusé d'avoir réalisé un snuff movie en raison de rumeurs de meurtres d'acteurs devant la caméra. Deodato sera disculpé de ces accusations.

Le film a été censuré en Allemagne de l'Ouest, en Australie, en Finlande, en Irlande, et en Norvège pour l'extrême violence de ses images (sadisme, viols et tortures filmés de manière très réaliste) et parce que six animaux ont réellement été tués pendant sa réalisation. Il a également été classé X, interdit aux moins de seize ou dix-huit ans dans de nombreux pays. Interdit aux moins de seize ans en France pour sa version censurée lors de sa sortie en salles à l'époque et récemment interdit aux moins de 18 ans pour sa version intégrale et inédite en France.


Les Sentiers de la gloire (1957) de Stanley Kubrick

Les Sentiers de la gloire

Encore Kubrick, qui les Sentiers de la gloire lève un tabou longtemps passé sous silence sur certains épisodes de la guerre 1914-1918. il décrit les exécutions «pour l'exemple» de soldats tirés au sort pour punir leur compagnie, jugée coupable d'avoir perdu une position (la réalité de telles pratiques est aujourd'hui mise en doute par des historiens).

Sous la pression et la menace de représailles d'associations d'anciens combattants français et belges, le gouvernement français, met la pression auprès des producteurs pour qu'il soit déprogrammé. Devant l'ampleur du mouvement contestataire, les producteurs du film décident, de ne pas le distribuer en France. Ce n'est que dix-huit ans plus tard, en 1975, que le film est finalement projeté en France.


Salò ou les 120 Journées de Sodome (1971) de Pier Paolo Pasolini

Salò ou les 120 Journées de Sodome

Dernier film du cinéaste, assassiné quelques mois avant sa sortie, Salò ou les 120 Journées de Sodome est une libre adaptation Des Cent Vingt Journées de Sodome du marquis de Sade (1740-1814).

L'histoire commence à Salò où, en septembre 1943, les nazis installèrent Benito Mussolini, qu'ils venaient de libérer. quatre riches notables enlèvent neuf jeunes garçons et neuf jeunes filles de la région pour les emprisonner dans un somptueux palais. Dans ce décor luxueux, les adolescents seront soumis aux plaisirs de leurs geôliers, à leur jouissance sadique de pouvoir exercer une domination totale sur ces jeunes corps, de décider de leurs souffrances, de leur survie ou de leur mort.

Le film fait scandale lors de sa sortie. Il est interdit ou censuré dans de nombreux pays pendant plusieurs années, y compris en Italie et est toujours interdit de diffusion à la télévision publique italienne.


Henry, portrait d'un serial killer (1986) de John McNaughton

Henry, portrait d'un serial killer

Basé sur le véritable tueur en série, Henry Lee Lucas, avec Michael Rooker dans le rôle titre aka Merle Dixon dans The Walking Dead et de Yondu dans Les Gardiens de la Galaxie.

De part son réalisme et son authenticité et sa violence très crue, Le film, qui devait à l'origine sortir en salle en 1986, fut bannit des écrans jusqu'en 1990.

Tourné pour budget ridicule dans la banlieue de Chicago le film adopte mise en scène presque documentaire. le réalisateur, livre une chronique réaliste et s'interroge sur la figure du tueur, sans jamais parvenir à le déchiffrer. Le tueur est un corps vide lancé dans un pulsion meurtrière défiant toute logique. le film ne tente pas d'apporter de réponses, il expose des faits, frontalement, sans jamais tomber dans l'excès d'hémoglobines. Le film, a depuis acquis un statut d'oeuvre culte.


La Bataille d'Alger (1966) de Gillo Pontecorvo

La Bataille d'Alger

Oeuvre de cinéma remarquablement mise en scène et interprétée, La Bataille d'Alger est aussi une reconstitution historique éblouissante et une critique acerbe du comportement de la france durant la guerre d'Algérie. Incontestablement une oeuvre majeure, le film est diffusé brièvement en 1970 mais retiré des écrans, sous la pression d'associations d'anciens combattants, de manifestations d'extrême droite, après une campagne haineuse et des menaces d'attentats à la bombe.

Le 10 décembre 1980, une charge de plastic, placée dans le hall d'un cinéma de Béziers qui projetait La Bataille d'Alger, explose et cause d'importants dégâts matériels. En janvier 1981, à Paris, deux personnes sont blessées lors d'un attentat contre le cinéma Saint-Séverin.

Le film resta censuré en France, jusqu'en 2004 car jugé anti-français brisant des tabous sur une guerre longtemps appelé en France par l'expression "simples événements".

Le temps donnera raison à un film indispensable qui la classa au rang de 48e film sur les 50 meilleurs films de tous les temps, selon le British Film Institute et 120e sur la liste du magazine Empire des 500 meilleurs films de tous les temps.


L’interview qui tue ! (2014) de Seth Rogen et Evan Goldberg

L’interview qui tue !

Alors que ce devait être une comédie potache avec James Franco et Seth Rogen, tournant en ridicule le leader de Corée du nord Kim Jong-un. À la suite d'une vague de piratage et à des menaces terroristes, Sony Pictures Entertainment annonce l'annulation de la sortie du film prévue pour le 25 décembre 2014 pour raisons de sécurité avant de faire volte-face et de finalement autoriser la sortie dans quelques salles américaines pour le jour de Noël et en VOD aux États-Unis dès le 24 décembre 2014.

En novembre 2014, le régime nord-coréen publie même un communiqué de presse:

« Ces cinéastes vulgaires, appâtés par quelques dollars jetés vers eux par des conspirateurs, ont sali la dignité et la conscience du cinéma en osant produire et réaliser un tel film. En conséquence, ils doivent être sévèrement punis. […] Pitoyables sont les États-Unis, cherchant désespérément à affaiblir l'autorité de notre République, pourtant plus puissante chaque jour, avec un film minable, alors qu'aucune pression ou menace n'a jamais fonctionné contre nous. »

Rédaction Cinktank