Et si on remettait, à nouveau, le César de la meilleure affiche ?

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13.10.2017
Il est vrai que la compétition aurait sans doute poussé certaines agences à faire preuve d'un peu plus d'imagination dans certaines conceptions. D'autre part, cela aurait permis de remettre dans la lumière ce métier si spécifique, qui a perdu beaucoup de son importance et son particularisme avec le temps.

La forêt d'Emeraude

Ce fut un débat qui agita pas mal les réseaux sociaux et les cinéphiles ces dernières années, c'est la qualité des affiches en France, et plus particulièrement les codes qui la régissaient, faisait en sorte que chacune d'entre elle se ressemblait (voir le site le stagiaire des affiches). Du coup, pourquoi ne pas tout simplement remettre le César de la Meilleure Affiche, comme il y a quelques années ?

Comment ça il y a eu un César de la Meilleure Affiche ?

Et bien oui, mais c'est un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Entre 1986 et 1990, 5 compressions dorées ont été remises. Les gagnants ? «Harem», «37,2° le matin», «Tandem», «La petite voleuse» et «Cinéma Paradiso». Certaines affiches françaises de films étrangers ont également été nommées (les affiches diffèrent grandement entre le pays, y compris encore aujourd'hui) comme «La forêt d'Emeraude», «Ran» ou «Valmont» donc ça faisait de la compétition un véritable rendez-vous pour ce métier à part.

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Valmont

Il est vrai que la compétition aurait sans doute poussé certaines agences à faire preuve d'un peu plus d'imagination dans certaines conceptions. D'autre part, cela aurait permis de remettre dans la lumière ce métier si spécifique, qui a perdu beaucoup de son importance et son particularisme avec le temps.

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Alors bien sûr, il n'est pas question de dire que les affiches d'avant, celles faites avec des dessins, c'était plus classe ou plus incroyable (quoique...) car les acteurs étaient parfois méconnaissables, elles représentaient parfois des choses qui n'étaient pas dans le film, ce qui n'est bien sûr plus cas aujourd'hui (quoique...).


ran

En fait, si on peut se poser la question, c'est que tout de même, on a assitsé à une certaine prise de conscience de l'industrie qui propose aujourd'hui des affiches un peu différentes, un peu plus expressives et surtout un peu plus variées au niveau de tons et des couleurs.

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Bon, bien sûr, on a toujours certaines tendances qui restent mais quand on voit par exemple la superbe affiche du prochain film d'Albert Dupontel «Au revoir, là-haut» ou même celle du Valérian de Besson histoire de citer un blockbuster, on peut penser que ça mériterait un petit encouragement car s'il est bon de sabrer quand c'est nul, il est parfois aussi très encourageant de féliciter quand c'est bien (on reçoit ce que l'on donne, il ne faudrait pas l'oublier cher spectateur !).


Au revoir, là-haut

Alors bien sûr, il y a aussi du contre à ce retour car qui dit compétition dit forcément nouvelle uniformisation. En effet, vouloir sortir du moule, c'est entrer dans un autre moule. On pourrait bien alors voir défiler un grand nombre d'affiches respectant certains critères bien auteuristes (couleur noir de rigueur voire marron pour les plus optimistes, regards profonds dans le vague, police de caractère sobre) et du coup, l'audace ne serait plus de mise.

Alors quoi, on ne fait rien et on laisse faire ?

Franchement, le retour de cette catégorie ferait du bien au cinéma français. Bon, ça rallongerait un peu cette cérémonie déjà bien trop longue, mais ça permettrai aussi à la France de se distinguer un peu par rapport à son concurrent US (déjà que c'est pas bien malin de faire notre cérémonie la veille) et puis ça redonnerait un peu de dynamisme et d'importance à cette part importante de la cinéphilie.


star wars the last jedi

texte : Loïck Guérel

rédaction Cinktank