Le film culte que tu sais même pas qu'il a pas gagné la Palme d'or à Cannes: Basic Instinct

Chroniques
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25.05.2017
Durant le Festival de Cannes, nous reviendrons chaque jour, sur un film devenu culte, mais non reparti avec la Palme d’or, l’année de sa sélection.

basic instinct

Nick Curran, inspecteur de police à San Francisco, enquête sur le meurtre d'une star du rock, Johnny Boz, tué de trente et un coups de pic à glace par une inconnue alors qu'il faisait l'amour. Nick apprend que le chanteur fréquentait Catherine Tramell, riche et brillante romancière. Au cours de son enquête, il s'aperçoit que les parents de Catherine sont morts dans un accident suspect, que son professeur de psychologie a été assassiné dix ans plus tôt à coups de pic à glace et qu'enfin, une de ses meilleures amies a, en 1956, tué ses trois enfants et son mari.

Basic Instinct est un thriller érotique franco-américain réalisé par Paul Verhoeven, sorti en 1992. Malgré les critiques mitigées et les protestations du public, Basic Instinct est un des films les plus rentables des années 1990, générant plus de 352 millions $ de recettes dans le monde.

La révélation du Festival de Cannes 1992 reste sans conteste Sharon Stone. Venue présenter le film avec le réalisateur et Michael Douglas, c'est à cet instant qu'elle fut catapultée au rang de star du cinéma et de sex symbol international. Cette année le président du jury, Gérard Depardieu remit la Palme d'or au film Les Meilleures Intentions de Bille August.


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Difficile d'analyser objectivement un film qui génère autant d'admiration que de haine. Écrit dans les années 1980 par le scénariste sulfureux et controversé Joe Eszterhas (La Main droite du diable, Showgirls) en treize jours (soi-disant),le scénario était si populaire qu'il a provoqué une guerre des enchères, avant d'être finalement acheté par Carolco Pictures, pour un montant de trois millions de dollars (somme énorme pour l'époque).

Avant même sa sortie, Basic Instinct suscita de nombreuses controverses dues à de nombreuses scènes de sexe explicites et l'esthétisation de la violence. Les activistes de la défense des droits LGBT critiquèrent violemment le film pour la manière dont sont décrites les relations homosexuelles et le portrait d'une femme bisexuelle associée à une meurtrière sociopathe.

Lors de a sortie les critiques françaises de l'époque n'ont pas cachées leur mépris pour le film de Paul Verhoeven, revenu en état de grâce depuis le succès de Elle (2016) avec Isabelle Huppert.

On peut citer celle des Cahiers du Cinéma:

"Ce ramassis de fantasmes gras et poussiéreux donne le point de vue du film, celui du mâle moyen et de sa libido laborieuse et sans surprise."

ou bien celle du Monde:

"Basic Instinct(…) malgré ses halètements bavards et ses étreintes mortelles, n'est qu'un film inutile, malin et frigide."


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Pourtant, le temps faisant son œuvre, Basic Instinct est devenu culte et on revoit à sa juste valeur une œuvre plus maline qu'il n'y parait et véritable hommage au réalisateur préféré du "Hollandais violent", Alfred Hitchcock. La mise en scène glaciale et chirurgicale, l'utilisation du son et de la musique de Jerry Goldsmith, livrant une de ses meilleures bandes originales, font de Basic Instinct un film riche et fort. Toujours porté sur la critique de la société, via le film de genre (souvenez-vous de Starship Troopers), *Paul Verhoeven traite de l’expression du désir et de la sexualité. Pour lui, nous vivons dans une société conservatrice qui nous pousse au contrôle (à la manipulation?) de nos sentiments, pour assurer le rôle qui nous est attribué. *

Un film libre et libertaire, même si son traitement de l’homosexualité peut prêter à la critique, qui ne peut être limité à sa célèbre scène de l'interrogatoire, mais comme le reste du film, doit être vu avec le second degré si typique qui traverse toute la filmographie de Paul Verhoeven.

BASIC INSTINCT

De Paul Verhoeven

Avec Michael Douglas, Sharon Stone, Jeanne Tripplehorn

Date de sortie 8 mai 1992



Rédaction Cinktank