Le film culte que tu sais même pas qu'il a pas gagné la Palme d'or à Cannes: Le Septième Sceau

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24.05.2017
Durant le Festival de Cannes, nous reviendrons chaque jour, sur un film devenu culte, mais non reparti avec la Palme d’or, l’année de sa sélection.

les septieme sceau

De retour des croisades, le chevalier Antonius Blok rencontre la Mort sur son chemin. Il lui demande un délai et propose une partie d'échecs. Dans le même temps, il rencontre le bateleur Jof et sa famille. Jof a vu la vierge Marie.

Le Septième Sceau est un film suédois, sorti en 1957 d'Ingmar Bergman, réalisateur qui s'est imposé comme l'un des plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma en proposant une œuvre s'attachant à des thèmes métaphysiques (Le Septième Sceau), à l'introspection psychologique (Persona) ou familiale (Cris et chuchotements, Fanny et Alexandre) et à l'analyse des comportements du couple (Scènes de la vie conjugale). On retrouve au casting Max von Sydow et Bibi Andersson.

Le titre provient d'une phrase de l'Apocalypse selon saint Jean l'Évangéliste, chapitre 8 :
« Et lorsque l'Agneau ouvrit le septième sceau, il se fit un silence dans le ciel, environ une demi-heure.
Et je vis les sept Anges qui se tiennent devant Dieu ; on leur remit sept trompettes. »

La Palme d'or de 1957 a été remise à Friendly persuasion (La Loi du Seigneur), de William Wyler, par le président du jury, Jean Cocteau, Le Septième Sceau remporte le prix spécial du jury. Cette récompense confirme la reconnaissance grandissante de l'oeuvre du cinéaste depuis le début des années 50. Dès 1958, il passera une étape supplémentaire en recevant un Ours d'or à Berlin pour "Les Fraises sauvages". Le cinéaste n'a jamais remporté la Palme d'or. Il reçoit néanmoins le prix de la mise en scène pour Au seuil de la vie, une mention spéciale pour La Source, un grand prix technique pour Cris et chuchotements et avant cela, une Palme des palmes pour le 50ème anniversaire du festival en 1997.


les septieme sceau

Le septième sceau est un chef d'œuvre recherchant ce que la notion de sacré signifie et implique. D'une beauté plastique, dépouillée d'artifices, toujours aussi puissante aujourd'hui, mais parfois austère et exigeante. Des dialogues d'une grande beauté, et une partition musicale envoûtante finissent de compléter un film essentiel, parmi les plus grands films du 7e art. Bien que par moments difficiles d'accès, il reste une référence pour de nombreux cinéphiles et pour peu qu'on s'y intéresse, recèle beaucoup plus d'ironie qu'il n'y parait. L'effort d'attention est alors récompensé par une vision du monde qui, à défaut de donner des réponses, pose de (bonnes) questions. Tourné en 1957, Le Septième Sceau et sa vision apocalyptique du futur ne pouvaient que toucher les spectateurs de l'époque. En pleine Guerre froide, l'idée d'une menace pesant sur la survie de l'humanité avait une résonance particulièrement forte.

Plusieurs cinéastes ont rendu hommage au Septième Sceau dans leurs oeuvres. John McTiernan a repris des images du film, ainsi que le personnage de la Mort pour son Last Action Hero. Aussi étonnant, Brian De Palma a parodié la scène où la Mort joue aux échecs avec Antonius Block dans son film d'étudiant Wotan's Wake. Pour finir, Woody Allen s'est inspiré du film à plusieurs reprises. La Mort vient chercher le personnage principal à la fin de Guerre et amour. Le même sort arrive à une des créations de Harry Block qui a emprunté la chambre d'un de ses amis, qui vient d'avoir un accident, dans Harry dans tous ses états.



Rédaction Cinktank