Les femmes disent seulement 27% des mots dans les plus grands films de 2016

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08.03.2017
Le résultat est sans appel, pas un des 10 films n'avait une égalité de dialogues entre personnages féminins et masculins.

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2016 s'annonçait comme une année faste pour les rôles principaux féminins au cinéma US avec des personnages aussi forts et attendus que Jyn Erso (Rogue One: A Star Wars Story), Dory (Finding Dory), Harley Quinn (Suicide Squad), Judy (La lapine de Zootopia), Porpentina Goldstein (Fantastic Beasts), ou bien la mise en avant, pour son long-métrage solo de Wonder Woman.

Surprise par le fait que le personnage de Jyn Erso ait une si grande place dans la promotion du film Rogue One et finalement beaucoup moins dans le film, Amber Thomas, une scientifique spécialisé dans les Datas, a décidée de créer un modèle d'analyse basé sur les dialogues et ainsi se concentrer sur les personnages "actifs" de l'histoire, pour connaitre le rapport d'égalité entre les personnages féminins et masculins. Elle s'est tenue à une méthodologie et une rigueur toute scientifique pour fournir un résultat, exempt de critiques. Son travail s'est porté sur le top 10 des films ayant le mieux marché dans le monde en 2016 : Captain America: Civil War, Finding Dory, Zootopia, The Jungle Book, The Secret Life of Pets, Batman V. Superman : Dawn of Justice, Rogue One: A Star Wars Story, Deadpool, Fantastic Beasts et Suicide Squad.


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Le résultat est sans appel, pas un des 10 films n'avait une égalité de dialogues entre personnages féminins et masculins.
Finding Dory est le plus proche de ce niveau d'égalité avec 43 % de personnages féminins. Pour être égaux, le film aurait eu besoin de 8 autres rôles parlants féminins.
Rogue One, est le pire avec seulement 9 % de ses personnages féminins parlants. De ces 10 rôles, 1 était une voix d'ordinateur, 1 apparu à l'écran pendant moins de 5 secondes, et 1 était un caméo CGI de la Princesse Leia, qui prononce 1 seul mot.

Finding Dory et Zootopia, deux films d'animation, étaient les deux seuls films du top 10 de 2016 dans lesquels un personnage féminin avait le plus de dialogue. Alors que les personnages féminins dans Captain America avaient seulement contribué à 16 % des dialogues. Dans Suicide Squad, Harley Quinn, pourtant personnage central, ne prononce que 42 % du total de mots de Deadshot (Will Smith).


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Il est facile de tirer une conclusion sur ces analyses en enfonçant une porte ouverte, quant au manque d'égalité de traitement entre homme et femme dans le monde des médias, comme au quotidien. Pourtant, on peut remarquer une certaine forme de cynisme de la part des décideurs/producteurs (souvent, des hommes d'ailleurs) à vouloir cacher cette réalité, derrière une pseudo mise en avant d'un personnage féminin sur une affiche, avec une promesse non tenue dans le film, ou bien d'offrir le premier rôle à un personnage féminin, dans un film d'animation...


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Serait-il jamais envisageable de considérer qu'une héroïne puisse supporter le poids de la responsabilité d'un film à gros budget ? Ou bien, le traitement qui est réservé à leur personnage ne leur permet pas de tenter leur chance ?

Un élément de réponse est possible, en se remémorant une anecdote concernant le premier film Alien de Ridley Scott. À l'origine, le personnage de Ripley, interprété par Sigourney Weaver, était un homme. Dans sa phase de développement, un producteur décida de transformer le personnage principal en femme, sans modifier une ligne de texte, changeant simplement les "il" par des "elle". Le film n'en fut pas moins un succès mondial, avant de devenir un classique et de transformer Sigourney Weaver en actrice culte.

Les chiffres sur lesquels s'est basée Amber Thomas sont à retrouver dans l'excellente animation en lien ici.


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Texte: Rédaction Cinktank