«24 hours to live» : série B d'action avec tout plein de cascadeurs qui se donnent à fond !

Critiques
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09.01.2018
Un film qui obéit à une mode récente, à savoir aller chercher un comédien un peu oublié et le mettre dans un film d'action qui lui permettra de mettre en avant son charisme et son talent au sein d'une histoire pas trop compliquée et toute entière tournée vers le spectacle physique.

24 Hours to Live (2017)

Auparavant, quand Steven Seagal et Dolph Lundgren étaient les rois du DtV d'action fauché, le lieu de villégiature favori de ces productions faites à l'attention du marché secondaire était l'Europe de l'Est, avec ses tournages dans des coins qui ne coûtent pas cher en République Tchèque, en Bulgarie ou en Roumanie. Sauf que voilà, quand Toronto ou Vancouver ne sont pas dispo, les blockbusters viennent s'y tourner également et ça commence sans doute à devenir trop cher là-bas donc il faut bien trouver de nouveaux coins où tourner. Et c'est là qu'arrive l'Afrique du Sud.

La patrie de Neill Blomkamp permet donc de tourner pour pas cher tout en profitant d'un socle certains de techniciens compétents et surtout, de superbes lumières naturelles uniques au monde, pour peu que votre tournage bénéficie de la présence d'un directeur photo compétent.



«24 hours to live» est donc une co-production sud-africaine et hong-kongaise (autre lieu de tournage pas cher et comptant nombre de techniciens compétents itou) et ça se voit assez vite vu la prédominance du personnage de le fliquette d'Interpol dans l'histoire. Car oui, Ethan Hawke a beau avoir son nom en gros sur l'affiche, il n'est pas le seul héros du film.

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Un film qui obéit à une mode récente, à savoir aller chercher un comédien un peu oublié et le mettre dans un film d'action qui lui permettra de mettre en avant son charisme et son talent au sein d'une histoire pas trop compliquée et toute entière tournée vers le spectacle physique. Autre effet de mode assez récent, confier la réalisation à un ancien cascadeur, ce qui permettra à ce dernier de mettre en avant les prouesses physiques de ses pairs.


24 Hours to Live (2017)

24 Hours to Live (2017)

Brian Smrz (et non, je n'ai pas oublié de mettre des voyelles en tapant son nom) est un vieux routier d'Hollywood, ancien cascadeur donc sur de nombreuses grosses productions, devenus ensuite fort logiquement réalisateur de 2nde équipe sur de nombreuses grosses productions (notamment la saga X-Men et plusieurs films signés par John Woo lors de son passage aux USA), qui signe là son 2ème film après un autre DtV de 2008 avec Cuba Gooding Jr et Ray Liotta, intitulé «Hero wanted». Cela implique un talent limité au niveau mise en scène mais au moins, ça vaut toujours mieux que certains tâcherons désignés par Seagal, Lundgren, Van Damme et autres Wesley Snipes pour leurs DtV fauchés des années 2000.

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Car oui, Smrz s'en tire pas trop mal, proposant quelques cadrages efficaces, proposant un découpage parfois intelligent, avec des plans étirés et une scénographie de l'action assez convaincante. Quant aux cascadeurs, ce sont vraiment les héros du film, avec quelques moments de gloire rien qu'à eux et quelques belles pirouettes qui font mal à voir.

Autre bon point, c'est son final, à la fois incroyablement barbare mais aussi riche en plans iconiques, avec quelques contre-plongées efficaces, des passages spectaculaires et des lumières plutôt chouettes.


24 Hours to Live (2017)

Il serait hypocrite d'être aussi indulgent avec le scénario, intéressant toutefois, qui nous propose un personnage principal au bout du rouleau, campé avec talent par un Ethan Hawke un peu moins à son aise dans les scènes d'action plus physiques (il n'a d'ailleurs aucune scène de combat à mains nues). L'intrigue est bien troussée, narrée avec soin, le pitch est bien sûr complètement invraisemblable mais se déroule dans un univers palpable, développant un propos pas forcément stupide. Il y a deux ou trois réserves à faire concernant le dernier acte, avec des rebondissements pas forcément utiles.

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Les acteurs sont plutôt bons, en font des caisses dans le mode badass en ne desserrant jamais les mâchoires, s'enfilant des litres d'alcool tout en discutant avec des voix bien graves. On y trouve quelques têtes connues comme le sympathique Liam Cunningham, bien connu des fans de «Game of Thrones», même si le bonhomme avait déjà une carrière bien remplie avant, sans oublier la présence en guest star de Rutger Hauer, qui apparaît bien fatigué à l'écran mais toujours aussi dense et impressionnant, de présence physique.


24 Hours to Live (2017)

Au final, une série B d'action nerveuse, efficace, rondement menée, assez violente et qui exploite bien son pitch de départ, proposant le portrait de personnages déterminés mais usés par un monde rempli de cruauté et d'hommes cupides. Et puis pour tout vous dire, j'ai du mal à trouver antipathique un film qui se conclut par une chanson de Marilyn Manson (sa présence s'explique du fait de la présence de Tyler Bates, son nouveau guitariste, à la BO du film).


24 Hours to Live (2017)

24H LIMIT

De Brian Smrz

Avec Ethan Hawke, Paul Anderson, Rutger Hauer

Date de sortie 17 janvier 2018

Texte : Loïck Guérel

Rédaction Cinktank