"Baby Driver" à base de pop pop pop! C'est de la bombe Baby.

Critiques
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24.07.2017
Ou alors, ce qui divise la critique, qui voient en "Baby Driver" un "classique instantané" ou bien "un simple teen movie gonflée à la hype, mais un peu creux", trouverait sa source dans ce qui semble vraiment intéresser Edgar Wright : le travail sur la complémentarité du son et de l'image.

baby driver

"Baby Driver" écrit et réalisé par Edgar Wright, est sorti le 19 juillet 2017, avec Ansel Elgort, Kevin Spacey, Lily James, Jon Hamm et Jamie Foxx.

Passionné de musique, le jeune Baby officie comme chauffeur pour plusieurs braqueurs de banques à Atlanta. Un jour, il rencontre la fille de ses rêves, Deborah, qui travaille comme serveuse dans un diner. Il se dit alors qu'il peut changer de vie et quitter la criminalité. Mais « Doc », son employeur, n'apprécie pas ce changement.

"Baby Driver" est une réussite presque complète pour le surdoué Edgar Wright (Shaun of the Dead, Scott Pilgrim). Après son départ pour "raisons artistiques" de la réalisation d'"Ant-man" (2015), il revient avec un film pop, hype, à la maîtrise technique impressionnante, qui déroule une bande-son au top. Pourtant, sous le vernis impeccable d'une machine lancée tambour battant, se cache des défauts de fabrication, qui pourraient gâcher (un peu) le plaisir des spectateurs.

La faute à un scénario balisé dans lequel, hormis pour celui de Baby (solidement interprété par le surprenant Ansel Elgort), les personnages sont caricaturaux, pas aidés par des dialogues peu inspirés.
Alors on pourrait se dire "Ok, tout le monde nous dit que le film est trop cool, que c'est le blockbuster de l'été, donc forcément, c'est bien. Mais alors pourquoi ce sentiment qu'il manque quelque chose ?"
La faute au scénario classique ? À l'histoire d'amour un peu mièvre entre Baby et Déborah ? À une succession de courses-poursuites, certes superbement chorégraphiées, mais répétitives et un peu lassantes ?

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Ou alors, ce qui divise la critique, qui voit en "Baby Driver" un "classique instantané" ou bien "un simple teen movie gonflée à la hype, mais un peu creux", trouverait sa source dans ce qui semble vraiment intéresser Edgar Wright : le travail sur la complémentarité du son et de l'image. Un exercice, qui fait étrangement écho au "Dunkerque" de Nolan, qui bien que ne partageant en rien, ni le sujet, ni la mise en scène de "Baby Driver", s'accordent sur la place prépondérante du son (musique comprise) dans la narration, voir dans l'intrigue.
Plus encore que chez Nolan, où le son renforce les émotions et immerge le spectateur dans l'action, Wright inverse les rapports de force. Le son n'est plus là pour appuyer ce que montre l'image, c'est maintenant le contraire.

Dans "baby Driver", pas un instant sans son, même quand la musique s'arrête, elle est remplacée par une nuisance sonore, expliquée par une particularité physique du personnage de Baby. Tout nous est montré à l'écran pour comprendre la rythmique, la dynamique, les harmoniques d'une mélodie. Tous les éléments visuels sont utilisés pour appuyer cette volonté et ce n'est pas un hasard si le film de casse à été choisi, sans qu'aucun braquage ne soit filmé, mais que l'on se concentre sur les courses-poursuites. De la tension, des changements de vitesse, des temps morts. La voiture devient le morceau, le pilote le musicien et les glissements de pneus des notes. Mais les corps des acteurs ne sont pas laissés pour compte et servent habillement cette chorégraphie, dans un mouvement commun.

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Edgar Wright, geek à la culture pop impressionnante déclare son amour aux classiques Old school (mais pas que) et au temps où la musique se fabriquait avec divers instruments, de l'électronique. Un temps du bricolage, où le musicien se faisait artisan, pour créer de la musique, sans un apport exclusif au numérique et aux logiciels. Dans le film, un autre personnage privé de sens, trouve un moyen physique pour "entendre" la musique.

"Baby Driver" est certainement un film pop, cool et hype,mais c'est surtout l'œuvre d'un artiste qui a voulut faire fusionner ses deux passions dans un même tout, en réunissant le son (la musique) et l'image et provoquer une émotion décuplée. L'objectif n'est peut-être pas complètement atteint, tirant parfois en longueur, mais la démarche à elle seule, justifie d'aller voir "Baby Driver" au cinéma et de continuer à suivre un réalisateur à la filmographie singulière et plus intéressante qu'il n'y parait.

BABY DRIVER

De Edgar Wright

Avec Ansel Elgort, Kevin Spacey, Lily James, Jon Hamm et Jamie Foxx.

Date de sortie 19 juillet 2017



Texte: Rédaction Cinktank