BRICE DE NICE 3 : HAWAII NE RÉPOND PLUS

Critiques
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26.10.2016
Mais là en effet on le sait, le film va se faire tabasser, parce que justement on nous a menti. Ce ne sont pas des retrouvailles mais des adieux.

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La première chose qui vient à l’esprit lorsque l’on regarde Brice de Nice 3, c’est « Oh putain, il va se faire démonter ». Et c’est vrai que vu la campagne marketing que l’on subi depuis quelques mois (Danette, Burger King, journaux, vidéos virales etc…) l’attente est forte. Et puisque justement on nous crie depuis des mois que le film arrive, alors il est normal que le public ne veuille pas se laisser décevoir. D’abord parce qu’une comédie avec Jean Dujardin est toujours attendue de pied ferme depuis qu’il nous a tué avec OSS 117, ensuite parce que Brice de Nice est devenu un mythe de la pop culture française. C’est comme le cousin rigolo qu’on ne croise que pour Noël et qu’il nous tarde de revoir.

Mais là en effet on le sait, le film va se faire tabasser, parce que justement on nous a menti. Ce ne sont pas des retrouvailles mais des adieux.
L’histoire est racontée sous forme de flash back par un Brice de Nice vieux s’adressant à un parterre d’enfants dans un chalet, une nuit, dans un paysage montagneux enneigé. Drôle de mise en abîme, plutôt honnête même, car on nous annonce frontalement à qui le film s’adresse. Le Brice vieux raconte donc ce qui selon lui aura été sa plus grande histoire, une comédie d’aventure beaucoup plus dépaysante que le premier film. Puisqu’à la recherche de son meilleur ami Marius en détresse, il va partir de Nice, vers la côte Atlantique avant d’aller dans le Pacifique.
Disons-le direct, il ne faut pas juger le film selon les critères « bien/pas bien » car ce ne serait pas juste. Il faut avant tout se demander s’il est fait pour nous. Donc si comme moi vous avez bientôt 30 ans et que vous étiez au lycée quand le premier Brice est sorti, vous allez vous sentir abandonné. Si vous étiez au collège, vous allez vous rappeler de bons moments en cours de récré. Si vous êtes un vieux vous n’allez pas aimer et c’est normal car les vieux n’aiment jamais rien à part les films d’Eric Rohmer.
Si vous êtes un enfant vous ne lirez hélas pas cette critique, mais si jamais tu tombes dessus par hasard (je suis plus âgé alors je te tutoie) alors harcèles tes parents pour aller voir Brice 3 car tu vas l’adorer. Tu vas voir des décors magnifiques (mention spéciale à Pierre Quefféléan et Emmanuelle Pucci pour leur énorme travail), des paysages colorés dignes d’un film grand public, de la musique rythmée, un manga (oui oui), des éléphants et j'en passe. Par contre toi qui a entre 25 et 30 ans, je suis désolé de t’annoncer que tu ne vas pas rire beaucoup. Je me demande si le « J’t’ai cassé ! » n’est pas devenue une expression aussi ringarde que « Royal au bar », « C’est tip-top » ou encore « Ça boom ? ». Les vannes, même avec l’aide de Laurent Baffie aux dialogues, ont du mal faire rire quelqu’un d’autre que les figurants. Passé ça il y’a le jeu de Jean Dujardin, qui a l’air de s’amuser comme un fou à faire le con et ça fait plaisir à voir. On regrette qu’il n’en fasse pas plus dans le burlesque et le mime ou les réactions enfantines.

Pendant son arrêt à Hossegor, on revoit Bruno Salomone qui prend une place plus importante que dans le premier et c’est tant mieux, tant sa voix de cartoon marche toujours aussi bien. Les Nous C Nous sont aussi de la partie (expression ringarde) dans une séquence musicale qui donne envie de revoir leurs sketches et crée dans notre esprit une idée folle : et pourquoi pas un film des Nous C Nous dans les années à venir ?

La partie la plus intéressante de BDN3 arrive lorsque Brice retrouve son copain Marius dans une île à côté d’Hawaii et découvre la très bonne idée du film : son double maléfique. L’idée un peu simple de voir ce qu’on voudrait être pour ce rendre compte que ça ne nous ressemble pas sonne comme une morale bas de gamme si l’on prend le film pour ce qu’il n’est pas. Mais un film tourné vers les enfants qui parle de bonnes valeurs est toujours bon à prendre.
Ici Brice fait face à un certain Colin de Cogolin (ressemblant étrangement à un des chanteurs du Collectif Métissé) qui a usurpé son identité afin de créer le « Brice Paradise » sur une île copie conforme de celle des pubs Oasis avec les fruits qui parlent, et régner en maître dessus. Notre héros va donc prendre de plein fouet son image et les conséquences de tout ce qu’il a été, une séquence introspective d’ailleurs assez drôle et touchante car Jean Dujardin fait comme toujours passer beaucoup de choses par son regard. Cette critique contenant déjà assez de spolies, je ne vais pas continuer mais sachez que tout rentre dans l’ordre à la fin. Et que le Dujardin vieux est en fait une sacré fripouille.

Ce ne sont pas des retrouvailles avec un personnage aimé (d’autant plus que je viens du Médoc et que beaucoup de mes amis sont des surfeurs blonds), mais un adieu à Brice tel que l’ai connu. Ce film, et ce n’est pas un illogique finalement, est là pour nous dire que Brice ne nous appartient pas, qu’il faut lui dire au revoir. J’aurais préféré aller le voir avec mon petit frère ou cousin et lui passer le relais, lui dire : « C’est à toi de rire avec Brice maintenant ». Nous on s’en fout, on a OSS 117, on a le souvenir du premier Brice de Nice et la grimace du chameau, c’est bien suffisant.



texte : Rédaction Cinktank