"Kingsman : Le Cercle d'or", une déception à la hauteur de l'attente

Critiques
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16.10.2017
Exit les enjeux dramatiques, sources de projection dans le récit pour le spectateur, on assiste mi amusé (tout n'est pas à jeter non plus) mi dépité, au trip du réalisateur Matthew Vaughn, complètement en roue libre (coucou Elton John).

Kingsman : Le Cercle d'or

On l'avait aimé le premier et on l'attendait cette suite. Pourtant, la déception a été à la hauteur de l'attente. Là, où le premier opus des aventures d'Eggsy au pays des Kingsmen réussissait le subtil mélange entre film d'espionnage débridé parodiant le genre avec un humour corrosif, tout en injectant suffisamment d'empathie et d'épaisseur à ses personnages.

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Le second volet ne cesse de jouer sur la surenchère d'effets de manches factices, en oubliant de raconter une histoire crédible. Exit les enjeux dramatiques, sources de projection dans le récit pour le spectateur, on assiste mi amusé (tout n'est pas à jeter non plus) mi dépité, au trip du réalisateur Matthew Vaughn, complètement en roue libre (coucou Elton John).

On serait plutôt du genre à défendre la liberté artistique et le contrôle total de son œuvre par un réalisateur, mais on se pose quand même la question de savoir si une supervision plus importante de la production n'aurait pas pu être bénéfique au film.


Kingsman : Le Cercle d'or

L'envie d'offrir au public en plus grand et plus fort ce qu'il avait aimé dans le premier est une démarche louable. Mais accouche ici d'une suite bancale aux accents artificiels, finissant par se parodier elle-même. Les acteurs sont livrés à eux même et la grande méchante du film, Julianne Moore est constamment sous-exploitée, si bien que l'on ne ressent jamais nos héros vraiment menacés.

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L'idée de faire traverser l'océan atlantique aux Kingsmen à la rencontre de leur cousin américain, les Statesmen était une bonne idée, seulement bien exploitée dans la partie humour, mais penchant malheureusement trop vers la simple caricature. Le traitement réservé au personnage de Pedro Pascal, par exemple, est à la limite du ridicule et ses motivations frisent la bêtise. Renforçant encore, le sentiment d'abandon laissé par le film quand il s'agit d'amener un peu de cohérence dans ce joyeux foutoir.


Kingsman : Le Cercle d'or

Que le film soit une succession de séquences d'actions drôles, dans une idée d'un pur divertissement n'est pas un crime. Mais quand il s'agit d'une suite, renouvelant intelligemment le genre, on est déçu de constater un abandon quasi-total de ses propres principes. Pire encore, "Kingsman : Le Cercle d'or" se fourvoie dans sa fin, dans une bien-pensance à la limite du niais, ouvrant vers une éventuelle suite.

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Kingsman : Le Cercle d'or

C'est dommage et décevant de voir, que tout ce qui faisait le sel de "Kingsman",** à savoir une mise en scène inventive, un humour cinglant avec une touche de cynisme, toujours conscient de sa propre valeur parodique, pour mieux critiquer la violence à l'écran, se perdre au profit du "fun" et de la surenchère.**


Kingsman : Le Cercle d'or

KINGSMAN : LE CERCLE D'OR

De Matthew Vaughn

Avec Taron Egerton, Colin Firth, Mark Strong, Halle Berry, Julianne Moore

Date de sortie 11 octobre 2017

Rédaction Cinktank