"Spider-Man: Homecoming" l'ado-araignée peine à grandir sous la tutelle du Marvel Cinematic Universe

Critiques
Audio picto à l'écoute
13.07.2017
La faute également à un scénario, certes foisonnant de blagues et d'humour 2.0 qui toucheront dans le mille, la véritable cible du film, les ados, grâce aussi à l'excellence de la totalité du casting, mais qui pêche par le manque de vrais enjeux dramatiques

Spider-Man: Homecoming

"Spider-Man: Homecoming" est un film américain de super-héros réalisé par Jon Watts, sorti le 12 juillet 2017, avec Tom Holland, Michael Keaton, Robert Downey Jr, Marisa Tomei et Jon Favreau. C'est le seizième film de l'univers cinématographique Marvel et le quatrième de la phase 3.

Suite aux évènements de Captain America: Civil War, Peter Parker, un jeune lycéen fréquentant le lycée de Midtown va se servir de ses pouvoirs sous le masque de Spider-Man pour lutter contre la criminalité qui ronge la ville de New York, tout en essayant de trouver un équilibre entre sa vie de lycéen, son amour secret pour Liz Allen et sa carrière de super-héros masqué. Mais avec la venue d'un nouveau super-vilain nommé le Vautour équipé d'un exo-squelette crée à partir de technologie Chitauri, Peter devra faire ses preuves en affrontant ce dernier pour prouver à Tony Stark qu'il peut être un membre des Avengers.

Précédé d'une bonne réputation et fort d'un gros succès outre-atlantique "Spider-Man: Homecoming" a débarqué sur nos écrans hier. Résultat ? Et bien, c'est dur de vieillir ! Je n'ai cessé de penser à la trilogie de Sam Raimi sortit-il y a tout juste 15 ans. Époque à laquelle l'ado que j'étais, s'était projeté dans le personnage réinventé par Raimi, insufflant à ses films une intelligence, une modestie et une mythologie forte. Transcendant le simple film d'action en une réelle réflexion sur le passage de l'adolescence à l'âge adulte et des responsabilités qui en découlaient.

A lire aussi: "UNE FEMME FANTASTIQUE" BOULEVERSANT PORTRAIT D'UNE COMBATTANTE


Spider-Man: Homecoming

Malheureusement "Spider-Man: Homecoming" n'a pas réussi à me toucher comme je l'aurai pourtant aimé et je me suis pris à penser que le garçon était tour à tour drôle mais aussi agaçant. Merde le (jeune) trentenaire que je suis, devient le vieux con que je moquais ado.

Et pourtant, passé l'introspection existentielle, reste la tentative d'évaluer le plus objectivement possible les nouvelles aventures de l'ado-araignée.

A lire aussi: LOVE HUNTERS : L 'AUSTRALIE, L'AUTRE PAYS DES SERIAL-KILLERS.


Spider-Man: Homecoming

Question réalisation, le jeune réalisateur Jon Watts, auteur de l'excellent Cop Car (2015) est nettement plus à l'aise dans les séquences centrées sur Peter Parker que sur celles de Spider-man. Les scènes d'actions sont mollassonnes et bien que la volonté d'utiliser la verticalité pour se démarquer de l'horizontalité de Raimi est une bonne idée, elle ne parvient pas à compenser un manque de structure et de dynamisme.

La faute également à un scénario, certes foisonnant de blagues et d'humour 2.0 qui toucheront dans le mille la véritable cible du film, les ados, grâce aussi à l'excellence de la totalité du casting, mais qui pêche par le manque de vrais enjeux dramatiques. On a le sentiment de faire face à un film bancal, qui cherche à s'intégrer de façon cohérente dans l'univers Marvel, mais qui peine à se suffire à lui-même.

On nous avait vendu l'idée que l'histoire serait placée sous le patronage de John Hughes et plus particulièrement de "La Folle Journée de Ferris Bueller". Le réalisateur du culte "The Breakfast Club", honni par la critique de l'époque, ne retenant de son œuvre qu'un simple faiseur de films creux pour ados, réussissait à exprimer une vision à la fois lucide (le conformisme et les appétits matériels de l'époque de Ronald Reagan) et idéaliste (apologie de la rébellion) de l'adolescence, chemin compliqué vers l'âge adulte.

A lire aussi: INTERVIEW : QUAND KEVIN FEIGE (MARVEL) ET GEOFF JOHNS (DC) ÉTAIENT STAGIAIRES ENSEMBLE


Spider-Man: Homecoming

Malheureusement dans "Spider-Man: Homecoming" difficile d'entrevoir le fond derrière la hype évidente. On essaye aussi (mais c'est moins assumé) de recycler des idées de la trilogie de Raimi. L'oncle Ben euh Tony Stark est la figure paternelle que l'on cherche à impressionner, même la phrase "Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités" est ici recyclée et sonne de façon un peu artificielle. Je ne te spoilerai pas non plus les deux, trois idées visuelles piquées à la première trilogie, finissant de confirmer l'idée que "Spider-Man: Homecoming" est comme l'air du temps, claquant mais un peu creux (merde, je redeviens vieux con).


Spider-Man: Homecoming

À sa décharge, le film supporte sur ses frêles épaules, le poids du Marvel Cinematic Universe, réduisant fortement l'impact des aventures et des dangers qu'encourt Spider-man subissant forcément la comparaison avec ceux des "Avengers". Alors, on essaye bien de nous le transformer en héros de quartier, mais difficile d'être dupe. Spider-man n'est qu'un héros parmi les autres, un futur Avengers en puissance, qui aura un rôle à jouer dans un récit plus grand que lui. C'est à la fois la force et la faiblesse du Marvel Cinematic Universe. Connecter un ensemble de films dans un grand tout et réussir à faire exister par eux-mêmes des héros en mal d'indépendance. En cela "Spider-Man: Homecoming" se rapproche plus du sympathique "Ant-Man", modeste, léger et drôle.

SPIDER-MAN: HOMECOMING

De Jon Watts

Avec Tom Holland, Michael Keaton, Robert Downey Jr, Marisa Tomei et Jon Favreau

Date de sortie 12 juillet 2017



Rédaction Cinktank