"Jeune Femme" est un portrait qu'on avait rarement vu au cinéma

Critiques
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04.11.2017
Pour le reste, et c'est une chose également très importante, c'est que "Jeune Femme" n'est pas dans sa forme un objet indé qui ne s'adresse qu'à ceux qui aiment se prendre la tête.

Le film de Léonor Serraille, Caméra d'Or au dernier Festival de Cannes, n'aurait sûrement jamais pu se faire sans sa comédienne principale Laetitia Dosch. Une "Jeune Femme" qui, en plus du titre, porte complètement le récit. Donc au-delà d'une histoire, c'est un portrait. Le portrait d'un personnage que l'on voit rarement dans le cinéma français. Celui d'une paumée complètement dérangée qui essaie de s'en sortir avec ses propres outils. Et comme tout cela est vu par le prisme de son regard, c'est le reste, a priori "normal", qui devient décalé.


jeune-femme

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Paula est une jeune trentenaire qui repart à l'assaut de Paris après une longue absence et sa récente rupture avec un homme qui semblait lui fournir un confort total. Donc Paula est seule, sans ressource, sans ami, et doit se débrouiller dans une ville qui ne laisse pas la chance à ceux qui se sont déjà plantés.

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Et encore une fois, "Jeune Femme" frappe assez fort. Déjà parce que Léonor Serraille nous propose de nous attacher à une femme avec qui on n'oserait même pas parler. D'ailleurs tout au long du film c'est Paula qui va aller vers les gens, jamais l'inverse. C'est elle qui va aller les chercher, en faisant comme elle peut pour se tenir droite et digne.
Mais on ne va pas ici faire une analyse profonde du long-métrage. D'abord ce n'est pas notre but, ensuite il ne le mérite pas. "Jeune Femme" ne nous apparaît pas comme une étude mais comme une proposition. Une occasion de voir un personnage de femme contemporaine vraiment bien écrit et neuf. Sûrement que Léonor Serraille ne reconnaissait pas ses pairs dans les conneries déjà sorties du genre "L'embarras du choix", "Retour chez ma mère", "Jamais le premier soir". Qui sont des comédies honnêtes mais pas vraiment des nouveautés.



Pour le reste, et c'est une chose également très importante, c'est que "Jeune Femme" n'est pas dans sa forme un objet indé qui ne s'adresse qu'à ceux qui aiment se prendre la tête. C'est pas du cinéma français qui se prend au sérieux et se sur-pense constamment. C'est aussi une comédie. Mais ça c'est encore grâce à la performance de Laetitia Dosch, habitée par beaucoup de femmes différentes dans sa tête. C'est un one-woman-show avec des décors, et on te le conseille vraiment.


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Jeune Femme
Une film de Léonor Serraille avec Laetitia Dosch, Souleymane Seye Ndiaye, Grégoire Monsaingeon, Léonie Simaga, Nathalie Richard et Erika Sainte

rédaction Cinktank