On n'avait jamais vu un film comme "La forme de l'eau" avant

Critiques
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24.02.2018
On sait qu'on va parler du corps et d'une relation charnelle. Ça ne sera pas une histoire d'amitié, mais véritablement une histoire d'amour. Et qui dit amour, dit à un moment : le cul.

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C'est un peu bizarre ce qu'il se passe lorsqu'on sort de la salle après avoir vu "La forme de l'eau" de Guillermo del Toro. En fait, ça arrive par étapes (je ne dirai pas "vagues", trop facile). D'abord tu te dis que t'as vu un bon del Toro, un peu comme quand tu regardes un bon Tim Burton. T'es dans ta zone de confort, et tu sais exactement ce que tu viens chercher. Et puis arrive l'autre étape, plus sournoise celle-ci, qui te fait dire : "Mais attend, j'ai bien vu ce que j'ai vu ?".
Voilà, c'est ce qu'il s'est passé avec ce film.


la forme de l'eau

la forme de l'eau

Disons-le autrement. Une créature fantastique, un être humain, des méchants qui courent après le monstre, on a évidemment déjà vu ça des milliards de fois. Il y a d'abord l'idée de la créature esseulée qui tombe amoureuse de la proie, que l'on a vu un peu partout dans le cinéma fantastique américain du style "King Kong". Une idée toute aussi conne qu'un humain tombant amoureux d'une souris cachée chez lui.
Ensuite il y a eu la notion d'amitié. Le petit gamin rejeté par les autres qui se fait un ami qu'il est le seul à comprendre, ou à voir. Du style "E.T.". Et comprenons-nous bien, on adore "E.T.". Ou encore "Peter et Elliott le dragon".
Et enfin, il y a les autres humains qui, soit aident le personnage principal à sauver la bête, soit partent en chasse parce qu'il en ont peur.

Eh bien Guillermo, il a pris tout ça, il l'a mis dans une grosse assiette, et il a tout mangé.


la forme de l'eau

la forme de l'eau

"LA FORME DE L'EAU" DE GUILLERMO DEL TORO : LA POÉSIE ET L'ÉMERVEILLEMENT

Dans "La forme de l'eau", et d'ailleurs d'entrée de game, on sait qu'on va parler du corps et d'une relation charnelle. Ça ne sera pas une histoire d'amitié, mais véritablement une histoire d'amour. Et qui dit amour, dit à un moment : le cul.
Alors, loin de nous l'idée de faire les rabat-joie ou les casseur d'ambiance, parce qu'on est des gens ouverts à tout. Mais au moins il faut le dire : C'est un film sur l'amour entre une humaine et un PAS-HUMAIN. Bon ok, la créature est humanoïde, donc on s'y fait UN PEU. Et d'ailleurs le réalisateur, qui s'autorise absolument tout, a même l'intelligence de nous suggérer comment ils font pour baiser.


la forme de l'eau

la forme de l'eau

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Donc on en est là quoi. "La forme de l'eau" est la première histoire d'amour (et de future reproduction) entre deux espèces différentes. Mettez un animal connu à la place, et on vous tombera dessus pour zoophilie. Comme quand Jeanne branle son chien dans "Sheitan" de Kim Chapiron. Mais là c'est autre chose.

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Partons du principe que dans, allez, 30 ans, on aura VRAIMENT découvert des extra-terrestres. Je veux dire, qu'ils seront parmi nous, qu'on discutera, qu'on échangera. Quoiqu'il faudrait peut-être compter 40 ans de plus, vu comment on a réagi face à des gens qui avaient seulement une couleur de peau différente du blanc... Bon alors, partons du principe que dans 70 ans, il y aura plein d'aliens, et que naîtrons peut-être des histoires d'affection allant jusqu'à l'amour et le sexe. En partant également du fait que l'Amour est un sentiment universel.
Eh bien "La forme de l'eau" se posera incontestablement en pionnier du genre. Une révolution de pensée antispéciste où les sentiments et les échanges chimiques dépassent la vue des corps.

Franchement là, Guillermo del Toro, il nous a bien niqué.



La forme de l'eau
Un film de Guillermo del Toro avec Sally Hawkins, Michael Shannon, Richard Jenkins, Doug Jones, Michael Stuhlbarg, Octavia Spencer, Lauren Lee Smith et David Hewlett

rédaction Cinktank