"La tour sombre", adaptation ratée et trahison de l'oeuvre de Stephen King

Critiques
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11.08.2017
Malheureusement, le miracle n'a pas eu lieu et on sort de la séance avec le sentiment tenace de gâchis

la tour sombre

La Tour sombre (The Dark Tower) est un film réalisé par Nikolaj Arcel, sorti le 9 août 2017, avec Idris Elba, Matthew McConaughey et Tom Taylo.

Le dernier Pistolero, Roland Deschain, est à la poursuite de Walter O’Dim, alias l’Homme en noir, dont le but est de détruire la Tour sombre, rempart contre les forces du mal et garant de la cohésion de l'univers. Roland est le seul à pouvoir défendre la Tour contre l’Homme en noir en sauvant la vie de Jake Chambers, jeune garçon doté d'un pouvoir psychique extraordinaire.

Une production chaotique, s'étirant sur plusieurs années, une sortie maintes fois reportée, une promotion passée inaperçue. Autant d'indices qui laissait présager le pire quant à l'adaptation de l'une des œuvres les plus foisonnantes, intéressantes et méta de Stephen King, "la tour sombre".

Pourtant, la réunion à l'écran des deux grosses pointures du cinéma, Idris Elba et Matthew McConaughey et la présence derrière la caméra du réalisateur danois Nikolaj Arcel, auteur du très bon "Royal Affair"(2012) laissaient un mince espoir. Malheureusement, le miracle n'a pas eu lieu et on sort de la séance avec le sentiment tenace de gâchis.

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D'une œuvre inclassable, mélangeant les genres de la fantasy, de l'horreur et du western, possédant une ampleur et une force mythologique pas si éloignée du "Seigneur des anneaux" de Tolkien (référence avouée de King), le film n'en garde qu'une infime partie, emballé dans une réalisation sans âme.

Là où la plupart des blockbusters estivaux comptent souvent 20 à 30 min de trop, "la tour sombre" dénote par une durée relativement courte (1h35), qui pour le coup, aurait mérité d'être plus long. Temps supplémentaire nécessaire à l'exploration d'un univers riche et à rendre compte de l'épaisseur et des contradictions qui habitent les personnages principaux.

Plus qu'une mauvaise adaptation, le film est également une trahison de l'œuvre de King. Nouveau passé pour les principaux protagonistes, motivations zéro dans leurs quêtes tantôt ridicules tantôt intéressantes. Le scénario respecte scrupuleusement le schéma en 3 actes, sans originalité, sans surprise et sans prise de risque.

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la tour sombre

Visuellement, rien ne va non plus. La faute à une direction artistique au rabais, le mid-world se limite à l'utilisation des costumes et des décors de la série pour ados "Les 100" et les monstres sont aussi laids que les effets spéciaux qui les matérialises sont mauvais.

Les scènes d'actions sont emballées sans grande conviction et les fans de gunfight pourront se contenter des bandes-annonces, puisqu'elles sont toutes dedans.

On passera également sur la performance des acteurs, pas hyper impliqué et déroulant leurs partitions sans grandes convictions, mais il vrai, pas aidé par une faible caractérisation de leurs personnages.

Un gâchis sans nom qui rappelle les récentes adaptions littéraire fantastique pour "young adult" telle que "The Mortal Instruments : La Cité des ténèbres" (2013) ou "Le Septième Fils" avec Jeff Bridges, interprétation ratée de la série de livres "L'Épouvanteur" de Joseph Delaney.

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la tour sombre

"La tour sombre" de Nikolaj Arcel entretien un peu plus cette routine hollywoodienne à nous sortir des films calibrés pour un public que l'on pense friand de spectacle aseptisé, dénué d'enjeux dramatiques et suffisamment aveugles pour ne pas voir la laideur des effets spéciaux. À croire qu'aujourd’hui, pour 80 millions de dollars de budget, t'as plus rien de potable.

Le film a au moins le mérite de nous donner envie de voir adapter en série l'œuvre de King. Format, qui semble tellement plus propice à la découverte d'un univers sombre, violent, riche de personnages géniaux, naviguant entre les mondes, le temps et l'espace et qui définitivement méritait mieux.

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Rédaction Cinktank