"Le Grand Jeu" : Tout pour Jessica Chastain

Critiques
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06.01.2018
Il y a plusieurs façons de regarder le film et c'est toi qui va choisir.

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le grand jeu

La première manière d'aborder "Le Grand Jeu" consiste à passer tout le film en disant "Mais qu'est-ce qu'elle est bonne" à chaque apparition de la furieusement belle Jessica Chastain (on va rester soft sur les adjectifs). Et c'est quelque part logique au vu de l'univers dans lequel on est : le Jeu. Un truc absolument masculin où les femmes sont là pour être belles et faire consommer les hommes. Les distraire aussi. Pour les faire jouer un max d'argent en leur faisant croire que s'ils gagnent la partie ils auront également la fille.
Donc voilà, tu peux regarder "Le Grand Jeu" (Molly's Game) en ne voyant que le décolleté de Jessica Chastain. Et, lorsqu'on regarde la vraie Molly Bloom, on comprend que l'actrice n'est pas trop loin de la vérité.


le grand jeu

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Ensuite, tu peux regarder le film comme un biopic sympa sur une personne qui va te raconter la petite histoire dans la grande. Avec une narration en voix-off et inserts dans l'écran qui marche toujours. Molly Bloom était une championne de ski issue d'une famille de surdoués qui, après avoir gagné une médaille de bronze en 1999 et décidé d'arrêter pour cause d'énormes maux de dos (opération d'une scoliose à 12 ans) s'est retrouvée par la suite à gérer des parties de poker clandestines avec des stars d'Hollywood. Pour finalement monter son propre réseau, où elle vit défiler des acteurs tels que Tobey Maguire, Leonardo DiCaprio, Ben Affleck, mais aussi des milliardaires, des entrepreneurs de la Silicon Valley... Tout ça en empochant énormément de pourboires. Mais en se faisant gauler à la fin car elle avait finalement pris des commissions sur les sommes jouées. On la surnommait "Poker Princess" et c'était la plus puissante organisatrice de parties des USA.

"Le Grand Jeu" peut être vu comme ça. Une histoire de magouilles entre la Californie et New York, avec l'élaboration d'une stratégie financière basée exclusivement sur l'ego et la fierté des joueurs.


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Ce qui nous amène à la dernière manière de prendre le film. Surement la plus intéressante à nos yeux. C'est de voir une femme qui, en se servant simplement du "rôle" que les hommes ont préétabli pour elle, a réussi à tous les niquer. Molly Bloom est une femme qui aurait très bien pu faire autre chose de sa vie, puisque ce qui l'intéresse c'est de gagner peu importe le jeu. Mais du fait de sa beauté naturelle et de l'univers dans lequel elle était arrivée (le Poker), il ne lui restait plus qu'à se servir des projections que faisaient les hommes sur elle et de structurer tout ça. Un distraction au service d'elle-même.
En ce sens, "Le Grand Jeu" est un film au propos très intéressant.



Beaucoup moins cynique que "Le Loup de Wall Street" auquel il est sans cesse annoncé comme étant la version féminine (le genre de phrase très conne) et rempli des magnifiques dialogues d'Aaron Sorkin. Qui s'avère être tout de même bien meilleur dialoguiste que réalisateur. Offrant de beaux moments d'échanges comme la scène de fin entre Molly et son père (Kevin Costner, toujours au top), qui prend tous les clichés du genre (le parc, le banc, le café, la patinoire) pour les balayer dès la première phrase. On en attendais pas moi d'Aaron. De prendre une histoire d'escroquerie pour nous parler à sa manière de la condition de la femme.


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Le Grand Jeu
Un film de Aaron Sorkin avec Jessica Chastain, Idris Elba, Kevin Costner, Chris O'Dowd, Brian d'Arcy James, Michael Cera, Jeremy Strong...

rédaction Cinktank