"La Planète des Singes : Suprématie" est certainement le seul vrai blockbuster de l'Été

Critiques
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03.08.2017
Indéniablement, un 3ème volet qui ne vous laissera pas indifférent, conclusion magnifique de ce qui restera comme l'une des plus belles réussites des années 2010. Faute de mieux diront certains mais son exemple est encore trop peu suivi, donc il faut encourager la démarche.

Le reboot de « La planète des Singes », ce classique absolu de la SF et qui connu déjà en son temps de multiples suites, c'était vraiment un pari casse-gueules, surtout entre les mains de la 20th Century Fox. Oui, mais voilà, les projets les plus incongrus accouchent parfois de grandes réussites. C'est ainsi qu'après deux volets bluffants techniquement mais imparfaits narrativement, nous voilà à attendre fébrilement la sortie du dernier volet de la trilogie.


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Rupert Wyatt avait ouvert le bal en 2011 mais le réalisateur anglais désirant ne pas poursuivre l'aventure (provoquant l'abandon de James Franco par ricochet), le studio engagea Matt Reeves, petit protégé de J.J Abrams au CV atypique. Le bougre réussit toutefois, à l'instar de Paul Greengrass sur la saga « Jason Bourne », à faire passer un cap visuel via un 2ème volet ébourriffant, parcouru de choix de mise en scène assez courageux à notre époque (fortement influencé également par « Les fils de l'Homme » de Cuaron) et proposant des créatures numériques plus organique, le tout au sein d'une nature plus palpable.

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Autant dire que ce 3ème volet conserve toutes les qualités techniques des films précédents, l'évolution technologique lui permettant même de surpasser ses prédécesseurs, mais Reeves a vu son rôle grandir puisqu'il est ici co-scénariste. Une sacrée promotion pour celui qui a récemment été choisit pour mettre en scène « The Batman », nouveau film solo consacré au justicier de Gotham.



Mais revenons à ce film somptueux, incroyablement dense et grave puisque la thématique du deuil plane tout le long sur ce film qui narre le crépuscule de l'humanité et l'aube de ses remplaçants. Comme dans le 2ème volet, on commence par un long travelling au ralenti sauf que l'on suit une escouade d'humains qui prennent d'assaut un camp simiesque. « Suprématie » est donc bel et bien un pur film de guerre qui assume ses références (inévitable « Apocalypse Now ») mais qui ne s'en sert pas comme une posture post-moderne mais plus comme un hommage obligatoire.


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Andy Serkis et ses potes en motion capture rendent parfaitement compte des émotions et des tourments qui agitent les différents personnages tandis que le film ne propose pas en terme de scénario une surenchère inutile mais plutôt une progression émotionnelle cohérente. Le tout culminera dans un climax époustouflant, déluge de plans dingues qui pousseront très loin les différentes thématiques avec une ironie salvatrice.

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Mais si le film est assez noir, il faut signaler les quelques petites touches d'humour apportées par un nouveau personnage et ce petit plus pourra plaire ou déplaire suivant les sensibilités de chacun. On reste toutefois bien loin de la pantalonnade et chacune d'entre elles bénéficient d'un traitement tel qu'on ne sort jamais totalement du film.


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Enfin, que dire de la prestation gigantesque de Woody Harrelson. Depuis quelques années, Hollywood ressort des acteurs oubliés mais dont le talent et la personnalité manquaient cruellement à un cinéma trop lisse. Magnétique, charismatique, habité, il porte chacune de ses lignes de dialogue avec brio. Et si les personnages humains sont traités de manière un peu trop unilatérale, il arrive à faire de son colonel un méchant fascinant, en dépit d'une caractérisation un peu trop uniforme.


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Le film n'exploite pas non plus toutes ses pistes narratives, laissant quelques éléments dans le flou, il demeure un modèle d'éxigence, se révélant comme le meilleur blockbuster de l'été, alliant narration et technique comme les divertissements d'antan, proposant à la fois un spectacle visuel fort démontrant que Hollywood a quelques années d'avance sur la concurrence (le rendu des expressions, des textures, des émotions est bluffant) tandis que son scénario, classique et sans surprise, captive de bout en bout grâce à son traitement au 1er degré.


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Indéniablement, un 3ème volet qui ne vous laissera pas indifférent, conclusion magnifique de ce qui restera comme l'une des plus belles réussites des années 2010. Faute de mieux diront certains mais son exemple est encore trop peu suivi, donc il faut encourager la démarche.

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La Planète des singes : Suprématie
Un film de Matt Reeves avec Andy Serkis, Woody Harrelson, Judy Greer, Karin Konoval, Steve Zahn, Toby Kebbell, Ty Olsson, Terry Notary et Roger Cross

texte : Loïck Guérel
rédaction Cinktank