"Rampage : Hors de contrôle": Dwayne Johnson sous nanarstérone

Critiques
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06.05.2018
Alors c'est complètement débile, mais en est-ce pour autant raté ? Et bien oui. Là ou le fun aurait pu l'emporter sur un scénario balisé, l'ennui pointe le bout de son nez, devant une accumulation de séquences d'actions déjà vues 100 fois et finalement anti-spectaculaires.

rampage

Dwayne Johnson on l'aime bien, c'est un des rares action héro capable de dégager un minimum d'expression et de nuances dans son jeu. Celui que l'on a surnommé le "viagra pour franchise" revient au pur film d'action avec "Rampage : hors de contrôle" vaguement inspiré du jeu d'arcade des années 80. Notre Dwayne interprète un primatologue ancien des forces spéciales (normal) très (trop?) proche de George, un gorille albinos extraordinairement intelligent. Suite à une expérience génétique ratée George se transforme en monstre à tendance destructrice accompagné dans sa quête de chaos par un loup et un crocodile eux-mêmes modifiés. Voilà voilà pour le pitch et comme tu t'en doutes, Dwayne va tout faire pour péter la gueule aux méchants du gouvernement (coucou Jeffrey "Negan" Dean Morgan) et aux monstres spécialistes en démolition. Il va aussi en profiter pour sauver George de la jungle (pas Brendan Fraser) et accessoirement entretenir une relation de je t'aime moi non plus, non pas avec le gorille, mais avec la jeune et jolie généticienne et biochimiste interprétée par Naomie Harris.



Alors c'est complètement débile, mais en est-ce pour autant raté ? Et bien oui. Là ou le fun aurait pu l'emporter sur un scénario balisé, l'ennui pointe le bout de son nez, devant une accumulation de séquences d'actions déjà vues 100 fois et finalement anti-spectaculaires (la gestion des échelles de taille est ratée). Elles empruntent des schémas balisés que l'on anticipe systématiquement avec un découpage des séquences épileptique. Une construction de l'action cadenassée et répétitive sans réel point de vue de la part du réalisateur Brad Peyton, déjà responsable de "San Andreas". Le tout est accompagné de dialogues pas vraiment inspirés et par une interprétation globale caricaturale. Même Dwayne Johnson, que l'on sait talentueux, finit de s'enfermer dans son personnage de héros aux muscles saillants, mais au cœur tendre. Il est devenu une "star cash machine" qui se doit de véhiculer des valeurs conservatrices et une certaine idée de la masculinité à un public acquis. Le problème, c'est qu'il commence à s'enfermer dans un cliché voir une parodie de lui-même.


rampage

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"Rampage" se veut un pur divertissement aux effets spéciaux impressionnants, qui une fois le cerveau sacrifié sur l'autel d'un point de vue artistique et de l'originalité, se laisse regarder sans saigner des yeux. Mais il reste quand même un arrière-goût de foutage de gueule, celui de prendre le spectateur pour plus con qu'il ne l'est. Et on se pose finalement la question de savoir si le chemin le plus court vers le plaisir est forcément le plus débile?


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RAMPAGE - HORS DE CONTRÔLE

De Brad Peyton

Avec Dwayne Johnson, Naomie Harris, Malin Åkerman, Jeffrey Dean Morgan

Rédaction Cinktank