"Red Sparrow" : Le meilleur gadget de James Bond, c'est sa bite

Critiques
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07.04.2018
Alors évidemment, t'échapperas pas à la phase de l'Amérique qui vient donner des leçons de morale à ces alcolos de russes, mais bon faut pas trop en demander non plus.

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Le nouveau film de Francis Lawrence, est tout ce qu'on pourrait attendre d'un film de Francis Lawrence, c'est à dire un objet d'une forme sans goût. Avec pour seul intérêt, d'avoir une histoire assez originale et des acteurs qui font ce qu'ils peuvent.


red sparrow

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Premier exemple du fait qu'ils font ce qu'ils peuvent : Le film suit des personnages russes joués par des acteurs anglophones. Donc qui parlent anglais avec un accent russe. Même quand ils se parlent entre russes. Chelou hein. Mais ouais mais on allait pas prendre des acteurs russes, personne les connait. Là on prend Jennifer Lawrence (même nom que le réal mais aucun lien) avec sa tête de poupée, on la fout en blonde et on se dit que ça fera le taff. Et heureusement, grâce à son regard d'un froid de bâtard, ça le fait.

L'histoire de "Red Sparrow", pour bien saisir son enjeu, est adaptée du livre éponyme de Jason Matthews. Et Jason Matthews, c'est un ancien agent de la CIA à la retraite qui s'est mis à écrire parce que c'était pour lui une sorte de "thérapie". Donc, à la manière de "36 Quai des Orfèvres" d'Olivier Marchal, il se peut que certains éléments de "Red Sparrow" soient inspirés de son expérience. Et ça, ça fout vraiment les pétoches, comme on dit chez les gens qui disent "ça fout vraiment les pétoches.

Le corps vs l'esprit


red sparrow

Il semblerait que ce qui ressorte de manière la plus flagrante, c'est la séparation volontaire entre le champs du corps et celui de l'esprit. Comprenons-nous bien. Dominika Egorova (Jennifer Lawrence) est une danseuse de ballet qui, après avoir eu la jambe cassée et brochée, va saisir l'opportunité de devenir espion pour son pays. Ensuite, ici on n'est pas dans le MI-6 anglais ma gueule. Ici, c'est la Russie, c'est pas la cour de récré. Les espionnes sont recrutées pour leur talent à manipuler les hommes avec un jeu de séduction bien précis (et que l'on va BIEN BIEN découvrir). Pas d'entrainement à la baston non, mais plutôt comment utiliser son corps pour soutirer des infos. Voilà. Ensuite, il y a l'esprit.


red sparrow

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Une chose que l'on voit moins dans le film et qui est un détail essentiel du livre, c'est que Dominika est synesthète depuis toute petite. C'est à dire qu'elle associe plusieurs sens entre eux. Ce qui lui permet, entre autres, d'associer des sons et des lettres avec des couleurs et d'avoir un don d'intuition au dessus de la moyenne. Je sais pas trop s'il y a une moyenne pour ça, mais c'était façon de parler.
Et tout du long, "Red Sparrow" ne va faire que jouer sur ces deux terrains. La rencontre ultime étant bien évidemment la torture, qui est LE test universel que tout espion subit un jour dans sa vie.

Bref

Ouais, bref. Te dire que "Red Sparrow" est un bon film serait te mentir. C'est en fait un bon produit. Encore dans la même lignée que "Atomic Blonde". Un projet de producteurs qui ont senti le filon de l'héroïne féminine qui pourrait venir concurrencer Jason Bourne et Jack Reacher. Alors que l'auteur n'avait sûrement pas les mêmes objectifs lors de l'écriture du projet (sorti en 2013).


red sparrow

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Mais te dire que c'est un mauvais film ne serait pas de bonne foi non plus, puisque, si on le prend tel qu'il est, c'est à dire un thriller d'espionnage, il vaut sacrément le coup. Déjà parce que ça fait du bien de quitter les USA et l'Europe, ensuite parce que l'on voit ce qu'il nous manque dans James Bond : l'entrainement des espions. Alors évidemment, t'échapperas pas à la phase de l'Amérique qui vient donner des leçons de morale à ces alcolos de russes, mais bon faut pas trop en demander non plus. Au moins, il y a les magnifiques compositions de James Newton Howard.



Red Sparrow
Un film de Francis Lawrence avec Jennifer Lawrence, Joel Edgerton, Matthias Schoenaerts, Charlotte Rampling, Mary-Louise Parker, Jeremy Irons, Ciarán Hinds, Joely Richardson, Bill Camp...

rédaction Cinktank