"The end of the f***ing world", le road trip ado noir qui explose le genre

Critiques
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08.01.2018
Voilà ce que ça donne lorsqu'un psychopathe et une asociale tombent amoureux.

La série "The end of the f * * * ing world" peut paraître comme un ovni au premier abord vu le pitch (la vie d'un garçon qui cherche à tuer quelqu'un), mais elle est finalement une nouvelle version de ce que peut être un road movie (en série) mélangé à une histoire d'amour adolescente.


the end of the fucking world

L'idée ne vient pas de nulle part, et bien que la série soit une création britannique, elle pue l'Amérique dans son observation de la morosité des gens qui vivent dans les banlieues pavillonnaires. Ce n'est pas un hasard, puisqu'elle est directement inspirée du comics "The end of the fucking world" (TEOTFW) de Charles Forsman, un auteur de bd US que la critique surnomme "Le nouveau Charles Schulz" (créateur de Snoopy et Charlie Brown).
Et c'est vrai que lorsqu'on regarde son trait, on est directement attiré par cet aspect léger et enfantin, qui finalement ne fait que traduire parfaitement l'ennui de l'adolescence. Un recueil d'histoires sorties en 2008 sur le blog de l'auteur "Oily Comics" suivant la vie de deux jeunes, James et Alyssa, des amoureux torturés fuguant leur routine. Que l'on peut totalement mettre dans la veine des oeuvres de Daniel Clowes ("Ghost World") et Charles Burns ("Black Hole").


the end of the fucking world

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"LE GRAND JEU" : TOUT POUR JESSICA CHASTAIN

James (Alex Lawther, "The Imitation Game") est un lycéen psychopathe dont le seul but actuel est de réussir à tuer quelqu'un. Alyssa (Jessica Barden, sorte de version trash de Zooey Deschanel) se sent exclue et incomprise par sa famille et les autres ados, et n'hésite pas à tout foutre en l'air à chaque fois pour essayer de faire réagir les gens. Alors qu'ils se rencontrent à la cafétéria, on découvre par voix-off interposée qu'ils vont décider de se fréquenter parce que l'un est utile à l'autre. James voit en Alyssa une proie potentiel pour son premier meurtre et décide de bien vouloir sortir avec elle. Alyssa voit en James un garçon facile à manipuler pour se divertir et fuguer de chez elle.


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Puis ils vont fuguer, et leur relation va véritablement naître de ce road trip à travers l'Angleterre. Qui n'a de britannique ici que la conduite à gauche, tant les décors rappellent une Amérique des villes de banlieues, mortelle et sans charme.
On te laisse découvrir le reste par toi même, et c'est assez rapide vu que la saison tient en 8 épisodes de 20 minutes chacun. C'est très drôle, rempli d'un humour noir et de séquences flirtant avec la morale (viol, pédophilie, meurtre, inceste...). Le tout filmé avec une esthétique de film indépendant : plans symétriques, intérieurs de maisons ringards, BO folk, on pense forcément à l'excellent "Napoleon Dynamite" de Jared Hess.

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Pas vraiment d'infos concernant une suite. La série aurait pu tenir dans un bon film mais ce format permet de rendre hommage à l'idée de "chroniques sociales" qu'avait fait l'auteur dans son recueil.



The end of the f * * * ing world
Une série créée par Jonathan Entwistle pour Netflix d'après l'oeuvre de Charles Forsman
Avec Alex Lawther, Jessica Barden, Gemma Whelan, Wunmi Mosaku...

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rédaction Cinktank