The Young Lady : Orgueil et Préjugés

Critiques
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13.04.2017
William Oldroyd, metteur en scène de théâtre et d'opéra, concentre son récit dans un lieu unique, la demeure de l'abusif mari de Katherine. Cet unique décor décrit une société victorienne à bout de souffle et décadente, où la jeune femme éprise de liberté, cherche l'émancipation par tous les moyens

the young lady

En 1865, en Angleterre, une femme est piégée dans un mariage sans amour avec un homme plus âgé et tombe amoureuse d'un autre homme de son âge.de

Premier film réalisé par le britannique William Oldroyd, The Young Lady surprendra par la tournure violente et perverse de son récit. Libre adaptation du roman "Lady Macbeth du district de Mtsensk" de Nikolaï Leskov, publié en 1865, le film nous montre l'évolution d'une jeune femme tour à tour inquiétante et fragile. Une anti-héroïne qui inspire autant la crainte et l’effroi, que l’admiration. Interprété par la fascinante Florence Pugh, elle compose un personnage austenien étrange et déroutante. Son visage impassible, cache en réalité une folie grandissante et sanglante.

William Oldroyd, metteur en scène de théâtre et d'opéra, concentre son récit dans un lieu unique, la demeure de l'abusif mari de Katherine. Cet unique décor décrit une société victorienne à bout de souffle et décadente, où la jeune femme éprise de liberté, cherche l'émancipation par tous les moyens. Elle va s'accaparer le pouvoir, sans se soucier des différences sociales ou de la couleur de peau de ceux qui peuple son nouveau royaume. Bien que la place des femmes dans les sociétés patriarcale soit centrale au récit, le film parle également avec brutalité du racisme et des rapports de classe.
Le réalisateur, compose des cadres somptueux dans une mise en scène austère et anxiogène, jouant avec malice sur les hors champs, le tout baigné dans une magnifique lumière naturelle et une distanciation qui n'est pas sans rappeler Michael Haneke.


the young lady

On peut parfois avoir le sentiment d'assister à un exercice de style, certes maitrisé, mais qui cherche à jouer sur les effets dramatiques plus que de proposer un véritable point de vue critique sur son sujet. Ses personnages donnent quelquefois l'impression d'être des pantins au service d'un discours ambigu ou mal maitrisé. Contrairement au film Grave, où les transformations intérieures de son héroïne étaient efficacement traduites à l'écran et où le mélange de genre s'effectuait sans problème. The lady peine parfois à convaincre et à justifier les réactions de son anti-héroine. Le scénario insiste parfois sur une méchanceté gratuite et ne répond jamais au choix qui est le sien, d'investir son personnage d'une volonté d'émancipation de l'homme qui ne peut se faire que par une surenchère dans la violence et la perversité. Le film n'est pas sans rappeler le rapport ambivalent qu'entretient le Martin Koolhoven, réalisateur de Brimstone avec sa protagoniste principale et son discours d'affranchissement.


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Film à la beauté austère ou bien récit orgueilleux au service d'un auteur trop conscient de son talent ? Difficile de trancher, tant il nous entraine dans des territoires mouvants où les apparences sont souvent trompeuses. Malgré ses défauts, le premier film de William Oldroyd est une œuvre dérangeante qui pourrait vous hanter un moment et ouvrir la voie à un réalisateur définitivement à suivre.

THE YOUNG LADY

De William Oldroyd

Avec Florence Pugh, Cosmo Jarvis, Paul Hilton

Date de sortie 12 avril 2017



Texte: rédaction Cinktank