"Wheelman" : on attache sa ceinture et on active le mode mains libres.

Critiques
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27.10.2017
Nous voilà donc avec «Wheelman», porté par l'excellent Frank Grillo, un acteur à l'ancienne, un action hero qui n'aura jamais vraiment eu sa chance

Wheelman

Parce qu'il n'y a pas que des grosses stars sur Netflix mais aussi des petits projets plus expérimentaux, avec des seconds couteaux ou bien destinés à un public plus restreint. Le géant de la VoD est un créateur de contenus et il en faut pour tous les goûts et il ne peut pas non plus produire que des projets à 50 M$ non plus.

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Nous voilà donc avec «Wheelman», porté par l'excellent Frank Grillo, un acteur à l'ancienne, un action hero qui n'aura jamais vraiment eu sa chance, repéré dans «Prison Break» et qui aura ensuite eu quelques rôles secondaires au cinéma ou bien sa propre série («Kingdom», située dans le milieu du MMA). Visage taillé à la serpe, musculature sèche, voix grave, le bonhomme a du charisme et il se frotte donc à l'exercice du thriller au téléphone.



Film concept réunissant différents courants récents du polar c'est à dire un type lambda qui conduit des criminels qui comettent des larcins («Le transporteur» (2001), «Collateral» (2004) «Drive» (2011) ou encore «Baby driver» (2017)) tout en restant au téléphone une bonne partie du métrage («Phone game» (2002), «Cellular» (2004) ou encore «Buried» (2010)). Alors tout cela pour dire que ce n'est ni bien neuf ni bien original car le mix des deux existe déjà («Locke» (2013) ou bien l'espagnol «Appel inconnu» (2015)).

Alors quoi de neuf ici ?

Signé par le nouveau venu Jeremy Rush (1er long après quelques courts) et produit par le génial Joe Carnahan (qui devrait sans doute penser à collaborer dans le futur avec Netflix car ça fait bien longtemps qu'il n'a pas donné de nouvelles), ce film concept se déroule presque exclusivement dans l'habitacle dans la voiture du héros, avec soit des vues à l'intérieur, soit des plans pris de l'extérieur, mais toujours en restant sur la carrosserie. Alors c'est un peu fruste certes, ça fait même un peu cheap mais ça fonctionne pas mal grâce à un scénario bien construit et prenant.


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Pourtant, ce dernier n'est pas un modèle d'orfèvrerie au niveau des dialogues vu que les personnages parlent beaucoup mais c'est surtout pour ne rien dire. En effet, les dialogues sont minimalistes, on ne connaîtra jamais le fin mot de l'histoire avec tous les tenants et les aboutissants, mais cette part d'ombre semble volontaire et nous permet d'épouser le point de vue du héros.

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Les acteurs sont à l'aise, assez convaincants et Rush est parvenu à mettre en place une vraie ambiance, avec un climat parfois anxiogène et stressant. Les péripéties s'enchaînent bien, on est vraiment accroché à l'intrigue qui avance petit à petit, tout en restant donc volontairement nébuleuse.


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Cheap donc, faussement malin mais pas inintéressant pour autant, le film est agréable à suivre même si on peut regretter que la présence physique de Grillo soit si mal exploitée (l'acteur est pourtant co-producteur du projet). Il faut dire que le film insiste un peu trop sur l'émotion, le déroulement du film suivant tous les codes du genre avec la fille du héros en danger ainsi que son ex-femme.

Thriller urbain sympathique donc qui mérite un petit coup d'oeil, avec une belle photo et quelques cadres bien pensés.

texte : Loïck Guérel

rédaction Cinktank