Wonder Woman et les meufs badass de "Faster, Pussycat! Kill! Kill!"

Edito
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25.03.2017
Bienvenue dans le monde des seins en obus, des grosses voitures et des hommes faciles

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Quentin Tarantino a toujours en tête d'en réaliser une nouvelle adaptation, et pour John Waters c'est le "plus beau film jamais réalisé". Deux réalisateurs connus pour leur fétichisme et leur amour des oeuvres de série B, dont Faster, Pussycat! Kill! Kill! en est surement le meilleur exemple.

Alors que sort "Wonder Woman" de Patty Jenkins explose les records de box-office aux USA et qu'il sort cette semaine chez nous, il est nécessaire de se rappeler que des films où les filles sont les personnages principaux, déjà y'en a pas beaucoup. Et qu'ensuite quand il y en a, et comme ils sont la plupart du temps faits par des hommes, ils dégueulent de leurs obsessions sexuelles. Le fantasme premier étant : Des filles et des flingues. C'est même le titre d'un des tomes du comics Sin City de Franck Miller.

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russmeyer

Mais revenons à notre sujet. Le film est réalisé par Russ Meyer, un taré des grosses poitrines à l'origine de la série des Vixxxens, objets cinématographiques cultes pour leur mélange d'humour et de cul où les femmes ultra plantureuses sont montrées comme des mangeuses d'hommes et les hommes comme des victimes. Mais qui ne s'est jamais fait violer par une femme, hein ? Ces créatures démoniaques prêtes à tout pour obtenir nos faveurs.

bref.

Faster, Pussycat! Kill! Kill! que nous allons renommer ici FPKK pour faire plus simple, raconte l'histoire d'un gang de femmes danseuses de cabaret. Trois "femmes sauvages" (c'est ainsi qu'elles sont décrites) ayant chacune leur grosse voiture et s'unissant pour s'adonner à des pillages meurtriers. Un jour elles kidnappent et droguent la petite amie d’une de leurs victimes et se cachent dans un ranch isolé appartenant à un vieil homme infirme qui vit avec ses deux fils. Et comme elles apprennent qu'il planque une grosse somme d’argent chez lui, Varla, Rosie et Billie vont tenter de séduire ses deux fils afin de découvrir où est l'argent.

La leadeuse du trio est jouée par Tura Satana dont le caractère semblait être parfait pour le film puisqu'elle fut elle même chef d'un gang de filles à l'école. Son histoire est plus triste : Tura Satana a eu une forte poitrine très tôt, chose qui lui a attiré beaucoup de problèmes. Un jour, alors qu'elle a 9 ans et au retour de l'école elle fut violée par 5 hommes. Ils n'ont jamais été jugés et la rumeur dit que le juge avait été payé. C'est cet événement tragique qui l'a poussée à s'initier aux arts martiaux, en particulier le karaté et l'aïkido. Elle a poursuivi pendant 15 ans ses violeurs pour assouvir sa vengeance et déclare même : "Je me suis jurée qu'un jour, je me vengerai. Ils ne se sont pas rendu compte qui j'étais jusqu'à ce que je leur remémore."



Les films de Russ Meyer se sont toujours distingués des autres pornos traditionnels par une volonté subversive, c'est à dire de faire chier les autorités. Dans une Amérique puritaine qui voit d'un très mauvais oeil la montée de la libération sexuelle, il se plaît à provoquer la censure et foutre en l'air les valeurs morales chrétiennes du pays.

Avec en tête de liste : la famille et le mariage, en faisant l'apologie des perversions sexuelles et de l'homosexualité. Ainsi qu'en montrant des scènes de violence de manière très crue. Il prend d'ailleurs part à un mouvement d'insurrection artistique qui aboutira à l'abrogation du Code Hays en 1966. Un recueil de lois qui soumettaient l'industrie du cinéma aux exigences de la morale judéo-chrétienne. Fasciné dès sa jeunesse par les shows burlesques, et après avoir gagné un peu d'argent en vendant plusieurs de ses photos à Playboy, Russ Meyer va poser les bases du cinéma érotique en montrant à l'écran le corps dénudé de ses actrices. Une véritable révolution après des années 50 sainte-nitouches.

Dans Faster, Pussycat! Kill! Kill! pas de nudité comme dans Ultra-Vixens par exemple, mais une violence très masculine (on frappe, on baise) attribuée cette fois à des femmes. Alors, niveau renversement des codes ça va pas chercher loin, et on se demande même si le fait de montrer des femmes violentes n'est pas un fantasme. Mais en 1965, ce genre de démarche a énormément fait bouger les choses, même si finalement l'industrie du cinéma de série B et du porno reste quand même un milieu tenu par des hommes.

Avec la sortie récente de Suicide Squad et le succès auprès des jeunes filles du personnage d'Harley Quinn incarné de manière badass par Margot Robbie, les studios ont décidé d'attaquer cet angle du marché en mettant en chantier l'adaptation du comics "Gotham City Sirens" où l'histoire est concentrée sur les supervillains féminins que sont Harley Quinn, Catwoman et Poison Ivy.

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Bref, faut que tu voies Faster, Pussycat! Kill! Kill! pour te rendre compte qu'un film comme "Wonder Woman" va sûrement faire du bien aux blockbusters. Et pour te convaincre, voici la bande annonce d'Ultra-Vixens. Oui je sais, on te prend par les sentiments...





Faster, Pussycat! Kill! Kill!
Un film de Russ Meyer avec Tura Satana, Haji, Lori Williams, Susan Bernard, Stuart Lancaster, Dennis Busch, Ray Barlow et Paul Trinka


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rédaction Cinktank