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Les bonnes nouvelles de 2021 : les jalons de l’optimisme dans le domaine humanitaire

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Les organisations humanitaires relèvent les points positifs d’une année qui a continué à être marquée par les ombres des pandémies, des conflits et des catastrophes.

Paris :, 19 déc. (Cinktank.com) –

L’année 2021 restera marquée dans le domaine humanitaire par les effets collatéraux de la pandémie du VIH/SIDA, les conflits gelés, la virulence des catastrophes naturelles et le nombre record de personnes déplacées, mais aussi par d’autres nouvelles qui invitent à l’optimisme et démontrent l’importance de la bonne volonté, notamment dans le domaine politique.

Ainsi, malgré le fait qu’il y ait de plus en plus d’enfants contraints de travailler – 160 millions – et de plus en plus de jeunes enfants – la moitié d’entre eux ayant entre cinq et onze ans – pour le Fonds des Nations unies pour l’enfance, 2021 restera dans les mémoires comme l’Année internationale pour l’élimination du travail des enfants, qui a abouti en septembre au premier accord contraignant concernant le secteur textile.

Il s’agit d' »une autre étape clé vers l’éradication de l’exploitation dans ce secteur », selon Rocío Vicente Senra, spécialiste des droits de l’enfant et de la coopération à l’UNICEF Espagne, qui met en garde contre la vulnérabilité particulière des filles et plaide en faveur de l’éducation en tant que « stratégie préventive solide contre le travail des enfants ».

Save the Children partage l’avis de l’UNICEF selon lequel les écoles sont essentielles dans la lutte contre ce fléau et d’autres, mais elles doivent d’abord être ouvertes – la pandémie a entraîné des fermetures aveugles – et ensuite être sûres, un aspect préconisé par la Déclaration sur la sécurité des écoles, approuvée par 112 pays.

Michela Ranieri, experte en politique étrangère à Save the Children, souligne qu’en 2021, cette déclaration « a eu une grande visibilité », tant en raison de la formation offerte par l’Espagne à une vingtaine de pays que de la tenue de la conférence internationale sur cette question au Nigeria. Jamais auparavant elle n’avait eu lieu dans un pays « fortement touché par les attaques contre l’éducation ».

Fin octobre, en outre, « le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité la première résolution axée sur la protection de l’éducation dans les conflits armés, condamnant les attaques contre les écoles et exhortant les pays à protéger le droit à l’éducation de tous les enfants », souligne M. Ranieri.

PLUS DE RÉMISSIONS

La migration a continué d’être l’un des principaux moteurs des besoins humanitaires en 2021, avec un nombre record de personnes déplacées et de réfugiés — 82,4 millions, selon un rapport du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) publié en juin — et quelque 4 500 personnes tuées sur les routes migratoires, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui suppose que ce chiffre provisoire n’est que la partie émergée de l’iceberg.

Cependant, l’attaché de presse de l’OIM Espagne, Oussama El Baradoui, souligne l’autre côté de la médaille, celui des migrants qui ont continué à envoyer de l’argent dans leur pays d’origine. La pandémie a fait craindre une « forte baisse » des transferts de fonds, mais d’ici 2021, la Banque mondiale a estimé une croissance de 7,3 %, à 589 milliards de dollars.

« C’est une très bonne nouvelle », déclare El Baradoui, qui souligne que ces envois de fonds constituent une « bouée de sauvetage » pour les familles afin de répondre à leurs besoins fondamentaux et stimulent également les marchés locaux, « ce qui se reflète positivement sur le PIB de ces pays ».

La porte-parole du HCR en Espagne, María Jesús Vega, souligne la « fierté » d’avoir vu une équipe de réfugiés défiler aux Jeux olympiques de Tokyo, ainsi que la « solidarité des gens ordinaires » pour s’occuper d’un groupe particulièrement nécessiteux, malgré le fait qu’il y ait toujours « un grand déficit de financement » dans la plupart des projets, même en cas d’urgence.

L’apatridie a également été réduite, avec des étapes importantes comme l’enregistrement des naissances de femmes syriennes au Liban, tandis que le nombre de jeunes réfugiés inscrits dans l’enseignement supérieur est passé de 1 à 5 %. Bien que « nous soyons encore loin de l’objectif de 15 % de scolarisation », Mme Vega appelle à poursuivre sur cette voie, en gardant à l’esprit que l’éducation est la clé pour que ces jeunes sortent de la marginalisation et de l’exploitation et, s’ils décident de rentrer, qu’ils travaillent à l’avenir de leurs pays respectifs.

PREMIER VACCIN CONTRE LE PALUDISME

World Vision, pour sa part, met en avant une étape scientifique qui pourrait avoir des conséquences pour des millions de personnes dans les pays en développement : en novembre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a approuvé le premier vaccin contre le paludisme en Afrique, « une avancée historique » selon l’ONG.

Le responsable de World Vision pour l’Afrique australe, Mark Kelly, prévient que « chaque jour », des enfants de moins de cinq ans continuent de mourir d’une « maladie évitable », et que le vaccin pourrait donc sauver des « milliers » de vies. Rien qu’au Malawi, six millions de cas de paludisme sont signalés chaque année et le gouvernement s’est engagé à inclure le nouveau médicament dans les plans de vaccination.

L’Éthiopie a également connu une année d’ombre et de lumière. En effet, alors qu’une guerre fait rage dans le nord du pays, où, selon les Nations unies, les droits de l’homme ont été violés par toutes les parties et où sévit une crise humanitaire sans précédent, l’importance de la récupération des terres dégradées a été soulignée à un niveau général.

La période annuelle de famine a été réduite de 3,6 à 1,4 mois. Le programme de développement des zones arides, lancé en 2013, a aidé 60 000 agriculteurs et récupéré quelque 50 000 hectares, avec des résultats « spectaculaires » selon World Vision.

Alors que 2022 reste à écrire, les organisations humanitaires s’accordent à dire qu’il faudra redoubler d’efforts et ne jamais baisser la garde. Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) prévoit que 274 millions de personnes dans 63 pays auront besoin d’aide, un chiffre sans précédent dans l’histoire.

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