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L’État islamique montre de nouveaux signes de renforcement avec l’attaque de Hasakah, la plus importante en Syrie et en Irak depuis 2019.

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L’assaut rappelle l’opération « Breaking the Walls » avant son offensive éclair en 2014.

Paris :, 26 janv. (Cinktank.com) –

L’attaque lancée la semaine dernière par l’État islamique contre une prison du nord-est de la Syrie abritant des milliers de membres présumés du groupe djihadiste, qui a fait plus de 200 morts, est un signe de ses capacités croissantes après sa défaite militaire en 2019 et a déclenché des alarmes au niveau international.

L’assaut contre la prison de Ghueiran, située dans la province de Hasaka et sous le contrôle des autorités kurdes, est l’attaque de plus grande envergure menée par les djihadistes depuis que les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont pris Baghuz, leur dernier bastion dans le pays arabe, en 2019.

La défaite de l’État islamique à Baghuz a mis fin au « califat » territorial déclaré en 2014 par le chef du groupe de l’époque, Abou Bakr al-Baghdadi, après que l’armée irakienne a réussi à vaincre le groupe en décembre 2017 avec le soutien d’une coalition dirigée par les États-Unis et de groupes paramilitaires soutenus par l’Iran.

Bien que ces revers et les succès ultérieurs des forces de sécurité et de la coalition – notamment la mort d’al-Baghdadi en octobre 2019 lors d’une opération à Idlib – aient conduit le groupe à réduire ses activités dans ces pays, de nombreuses cellules sont restées actives.

Le groupe a profité de ces dernières années pour étendre ses réseaux en Afrique, notamment au Sahel, dans le bassin du lac Tchad, dans le nord du Mozambique et dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), bien qu’il ait maintenu ses efforts pour repositionner ses forces dans son « berceau », l’Irak et la Syrie.

Ces derniers mois, l’EI a multiplié les attaques contre les civils et les membres des forces de sécurité dans les deux pays, profitant de la situation fragile dans les deux pays et du processus de retrait des forces de la coalition en Irak.

Ainsi, le groupe a utilisé les monts Hamrin en Irak et des zones du désert central syrien comme refuges pour se regrouper, s’entraîner et planifier des attaques, selon le Soufan Center, le groupe de réflexion dirigé par Ali Soufan, un ancien agent du FBI qui a été parmi les premiers à enquêter sur Al-Qaida et son chef historique, Oussama ben Laden.

Ce renforcement des capacités a été particulièrement visible récemment dans le pic des attaques dans les provinces irakiennes de Kirkuk, Diyala et Anbar, ainsi que dans l’augmentation des opérations dans la province syrienne de Deir Ezzor et dans le triangle entre les provinces d’Alep, Hama et Raqqa.

Le Soufan Center souligne que « les combattants de l’État islamique en Irak (…) ont eu recours aux enlèvements contre rançon afin de maintenir des flux de revenus », tandis que le groupe « s’est appuyé sur des connexions en Turquie pour faciliter le blanchiment d’argent et maintenir des sociétés écrans qui ont aidé le groupe à rester financièrement viable ».

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Le groupe, qui a également profité des tensions sectaires pour recruter des membres de la communauté sunnite – comme il l’a fait en 2014 – a maintenu une importante activité sur les médias sociaux pour gonfler ses rangs et entretenir l’image d’avoir le pouvoir de reconstituer le « califat ».

En fait, après l’attaque de la prison de Hasaka, il a intensifié son activité sur les chaînes de propagande pour appeler à des émeutes et à des évasions dans d’autres centres, notamment le camp de réfugiés d’Al Hol, dans le nord-est de la Syrie, qui est le théâtre d’une campagne de meurtres et d’enlèvements depuis des mois.

L’attaque de la prison de Ghueiran a également rappelé la stratégie initiale de l’État islamique avec l’opération  » Breaking the Walls  » entre 2012 et 2013, qui a libéré nombre de ses dirigeants par une série d’évasions qui ont renforcé ses rangs et permis une offensive éclair en 2014 en Irak qui s’est ensuite étendue à la Syrie.

L’ampleur de l’offensive, qui a impliqué 200 kamikazes, selon les Forces démocratiques syriennes (FDS), révèle que le groupe se prépare depuis longtemps à recevoir des armes, des miliciens et des capacités.

Le Soufan Center note que cela « pourrait même suggérer le début d’une offensive à plus grande échelle du groupe, visant non pas à reprendre des parties de territoire, mais à gagner du terrain et à fomenter l’instabilité au Levant. » « Ces attaques sont une tentative manifeste de recruter de nouveaux membres et de réactiver des réseaux presque dormants dans la région », explique le rapport.

LA SITUATION DANS LES PRISONS SYRIENNES

Les prisons gérées par les FDS en Syrie ont suscité des inquiétudes au cours des deux dernières années en raison de l’état inadéquat des installations et de leur vulnérabilité à d’éventuelles attaques et révoltes de djihadistes.

Ainsi, le SDF, dont la principale composante est la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) et qui est soutenu par la coalition internationale, a protesté à de nombreuses reprises contre le manque de soutien et a demandé aux pays étrangers de rapatrier ses détenus.

À cet égard, ils ont également critiqué les multiples offensives rebelles – avec le soutien de la Turquie – dans le nord de la Syrie et ont averti que cette situation entraînait le détournement de troupes vers les lignes de front et affaiblissait la sécurité dans ces centres de détention.

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Le SDF a récemment souligné dans une déclaration que les autorités kurdes « ont assumé la responsabilité (de la détention des prisonniers) de manière compétente et efficace » et a dénoncé les « conspirations » des « pays voisins » qui œuvrent à « utiliser l’État islamique pour répandre à nouveau le chaos ».

Les centres de déplacement et les camps accueillent des milliers de personnes, principalement évacuées de Baghuz après la défaite de l’IS, y compris des parents de djihadistes ou des membres présumés du groupe, dans des conditions qui ont suscité les critiques des agences et organisations humanitaires internationales.

En effet, la porte-parole du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Ravina Shamdasani, a déclaré mardi que les détenus « sont dans des conditions de surpopulation, n’ont pas accès à des soins médicaux adéquats et ne peuvent pas voir leurs familles » et a souligné l’importance pour « les pays d’origine de rapatrier leurs ressortissants, en particulier les femmes et les enfants ».

LE COMBAT EST TOUJOURS ACTIF

Ainsi, après six jours de combats, les combats sont toujours actifs dans et autour de la prison malgré les opérations des forces kurdes et les bombardements de la coalition, dans une démonstration de force des djihadistes.

Dans ce contexte, le commandant de la mission « Inherent Resolve », John Brennan Jr, a publié une déclaration dimanche pour démentir le succès de l’État islamique. « Dans leur tentative désespérée de montrer leur pertinence, l’État islamique a prononcé une condamnation à mort pour un grand nombre des leurs qui ont participé à cette attaque », a-t-il déclaré, avant de se dire confiant que cela ne constitue pas une « menace significative » pour l’Irak ou les pays de la région.

Cependant, Colin Clarke, chercheur au Soufan Center, avait déjà indiqué début janvier, dans des déclarations à Voice of America, que l’augmentation des attentats pourrait être le signe d’une « croissance lente » du groupe djihadiste.

« C’est un groupe très opportuniste. Ils vont chercher à exploiter les échecs et les erreurs des autres gouvernements de la région », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que l’État islamique « a de nombreux ennemis ». « Le monde entier est contre l’État islamique, ce que le groupe utilise dans sa propagande pour recruter des troupes et maintenir le moral », a-t-il fait valoir.

Pour sa part, le président de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, Rami Abdulrahman, a souligné qu’au cours de l’année écoulée, il y a eu « une augmentation rapide » des attaques du groupe. » À cet égard, il a fait valoir qu’il fallait « naturellement » s’attendre à des « attaques beaucoup plus sophistiquées » en 2022.

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