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Un tribunal philippin autorise la journaliste Maria Ressa à se rendre sur place pour recevoir le prix Nobel de la paix

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Paris :, 3 déc. (Cinktank.com) –

La journaliste philippine Maria Ressa, fondatrice du portail Rappler et sous le coup de plusieurs inculpations dans le pays asiatique, pourra se rendre à Oslo pour recevoir personnellement le prix Nobel de la paix qui lui a été décerné cette année par le comité norvégien, « ex aequo » avec le journaliste russe Dimitri Muratov.

La Cour d’appel a accepté un moratoire sur les restrictions de voyage actuellement imposées à Ressa, car elle considère qu’il a « raisonnablement expliqué » les raisons pour lesquelles il doit quitter le pays. À cet égard, elle a supposé qu’il n’y avait « aucune possibilité » pour lui de recevoir la récompense par voie télématique ou par un intermédiaire.

Le gouvernement de Rodrigo Duterte s’était opposé à ce voyage, arguant que les critiques de la journaliste à l’égard du système judiciaire faisaient craindre qu’elle ne prenne la fuite. Les juges ont estimé que ces soupçons étaient « purement spéculatifs » et Ressa elle-même a déclaré que « l’exil n’est pas une option », comme le rappelle Rappler.

Ressa, première personne originaire des Philippines à recevoir un prix Nobel de la paix, est en liberté provisoire dans l’attente de l’examen des recours contre sa condamnation pour « cyberdiffamation », prononcée en juin 2020. Si son appel n’aboutit pas, il devra purger une peine de six ans de prison.

La décision annoncée jeudi lui permettra d’être à Oslo entre le 8 et le 13 décembre, après quoi Ressa devra retourner aux Philippines, où elle fait également l’objet d’autres accusations qu’elle a elle-même dénoncées comme ayant des connotations politiques découlant de son travail journalistique critique envers le gouvernement.

Rappler a fait de nombreux reportages sur la guerre contre la drogue menée par Duterte, qui a fait des milliers de morts depuis 2016 et a suscité une enquête préliminaire du Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI). Les organisations de défense des droits de l’homme ont conclu que toutes sortes d’abus ont été perpétrés dans le cadre de ces opérations.

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